Économie – Social DOSSIER : Alstom Transport à Belfort : encore un avenir ?

Alstom : des milliers de manifestants à Belfort pour l'opération "ville morte"

Par Mikaël Roparz, Emilie Pou et Nicolas Wilhelm, France Bleu Belfort-Montbéliard et France Bleu samedi 24 septembre 2016 à 15:16 Mis à jour le samedi 24 septembre 2016 à 21:49

Belfort mobilisée pour sauver Alstom
Belfort mobilisée pour sauver Alstom © Radio France - France Bleu Belfort-Montbéliard

Commerces fermés, habitants dans la rue aux côtés des salariés : plus de 4.000 personnes ont manifesté samedi à Belfort pour tenter de sauver le site historique d'Alstom et ses 400 emplois menacés par un transfert d'activité.

Le pari est réussi en ce samedi ensoleillé. Les syndicalistes et les politiques de Belfort voulaient faire mieux que jeudi dernier ou 2 000 personnes avaient défilé au départ de l'usine. Ils ont été entendus. Entre 3 500 et 5 000 manifestants sont partis de la maison du peuple vers 14 heures pour cette marche de soutien aux salariés d'Alstom dont l'usine est menacée de fermeture d'ici deux ans. Une journée "ville morte" même puisque les commerçants ont été appelés à marquer leur solidarité en baissant leurs rideaux.

"Belfort a besoin d'Alstom"

Dans le cortège, il y a les "Alsthommes", les hommes et femmes politiques de la région mais aussi beaucoup de belfortains anonymes. Beaucoup de salariés d'Alstom Transport sont venus avec leur famille. Fabien est accompagné de sa femme, de sa fille, de ses parents et des ses beaux-parents, très ému par autant de soutien: "ça fait chaud au cœur, ça prouve bien qu'Alstom a besoin de Belfort et que Belfort a besoin d'Alstom".

"Une démonstration de force"

En écharpes tricolores, les élus locaux avaient pris la tête du cortège au départ de la Maison du peuple. La foule a défilé dans les rues ensoleillées de Belfort avant de se rassembler devant la Préfecture du Territoire ou la motion de soutien aux "alsthommes" a été remise au représentant de l'Etat. Cette motion avait été votée par le conseil municipal de Belfort réuni en séance extraordinaire le 14 septembre dernier.

Pour Damien Meslot, le maire de Belfort, cette manifestation, "e*_st une démonstration de force*"_, "mais ce n'est qu'un début. le combat continue. Je tiens à remercier tous ces belfortains et tous ces habitants qui se sont déplacés aujourd'hui. Merci aussi aux commerçants\". Satisfaction aussi des syndicats pour qui le pari est réussi.

Un CCE extraordinaire lundi à St Ouen

Car après cette manifestation, la mobilisation continue avec des rendez-vous très importants la semaine prochaine. Le CCE extraordinaire, consacré au sort de l'usine aura lieu lundi après-midi au siège du groupe à Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis. Un second CCE, ordinaire, suivra mardi matin. Les 9.000 salariés des douze sites français sont appelés à la grève le même jour et une manifestation est prévue à Saint-Ouen. L'intersyndicale a même affrété un TGV pour les salariés des usines de Belfort et d'Ornans avec le concours des collectivités locales. Le PDG d'Alstom, Henri Poupard-Lafarge, sera ensuite auditionné par la commission des affaires économiques de l'Assemblée nationale, mardi.