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Économie – Social

Bernard Lavilliers à Blanquefort, en Gironde, pour "attirer l'attention" sur le combat des salariés de Ford

vendredi 20 avril 2018 à 15:40 Par Pierre-Marie Gros, France Bleu Gironde

Journée "revendicative et festive" ce samedi à Blanquefort pour soutenir les 900 salariés de l'usine Ford, menacée de fermeture. Au programme : débats l'après-midi , et concert le soir, avec en ouverture, Bernard Lavilliers, qiui vient "remonter le moral des troupes".

Bernard Lavilliers, lors de son concert de soutien aux ouvriers d'Arcelor-Mittal, en décembre 2011, à Florange
Bernard Lavilliers, lors de son concert de soutien aux ouvriers d'Arcelor-Mittal, en décembre 2011, à Florange © Maxppp - Alexandre Marchi

Blanquefort, France

Journée de soutien aux salariés de Ford ce samedi à Blanquefort : le site girondin pourrait fermer dès 2019, le constructeur américain ne veut plus investir après cette date, et dit chercher un repreneur. Cette journée est organisée par l'Intersyndicale, avec un objectif clair : relancer la mobilisation des 900 salariés qui s'essouffle.

Au programme, dès 14h, débat au lycée agricole de Blanquefort, des témoignage de salariés, puis débats avec - entre autres - les sociologues Michel Pinçon et Monique Pinçon-Charlot, connus pour les travaux sur les élites, et le journaliste Serge Halimi, directeur du Monde Diplomatique. Puis à 20h, salle de Fongravey, concert avec de nombreux groupes et artistes venus bénévolement, comme Didier Super, HK, ou Bernard Lavilliers. 

France Bleu Gironde : comment vous êtes vous retrouvés impliqués dans cette soirée de soutien ? 

Bernard Lavilliers : tout simplement parce que les syndicats m'ont appelé. Il se trouve que je jouais juste avant à Niort, où je termine une partie de ma tournée. Ce n'est donc pas très loin, et je me suis dit que vu leurs inquiétudes, c'était bien que je mobilise pour eux. Je sais ce que c'est, j'ai déjà soutenu par le passé d'autres salariés menacés de licenciement , dans l'usine Arcelor-Mittal, à Florange, en Lorraine.  Je viens donc démarrer le concert, il y a plein d'autres artistes ; c'est pour moi, une façon d'attirer l'attention sur leur combat, et de redonner un peu le moral à des gens qui sont sur les dents.

C'est le genre de combats qui vous tiennent à coeur ? 

Celà fait longtemps que je fais cela. On vient promener nos instruments dans cette petite salle de Blanquefort, symboliquement, c'est important que certains artistes s'occupent de la vie sociale, et du vide qui peut se faire en France, à cause des délocalisations. Je suis très sensible à ces villes qui meurent, parce qu'il n'y a plus d'emploi. D'un côté, le gouvernement est en train de vouloir redonner vie aux centres-villes, et de l'autre, on supprimes les usines qui emploient 900 salariés, mais qui qui indirectement, donnent du travail à 3 mille personnes. 

C'est le rôle d'un artiste selon vous de s'engager ? 

Le rôle d'un artiste, c'est d'abord de créer. Ensuite, à partir du moment où moi, je suis un ancien ouvrier, et que je suis né dans la classe ouvrière, j'ai quand même quelques souvenirs des luttes qui ont eu lieu quand j'étais jeune et que je travaillais à l'usine. Donc, je ne peux pas oublier ça. C'est pour cela qu'ils ont fait appel à moi, ils n'ont pas eu beaucoup besoin de me solliciter pour que je dise oui 

Vous allez chanter une demi-heure, en ouverture de la soirée. Quelles chansons avez-vous choisi ? 

Pour l'instant, je ne le sais pas encore. Mais je ne chanterai pas que des chansons tristes, que des chansons de lutte. Ce n'est pas un enterrement de première classe. Je me souviens à Bataville, en Lorraine, dans le fief des chaussures Bata, près de Nancy, les syndicalistes m"avaient demandé de venir. Je chantais à l'Olympia, je n'ai pu venir que le lundi, c'est le jour où ils ont reçu leur lettre de licenciement. Ce n'était pas donc d'une gaieté folle, mais je suis venu quand même. C'est une question de morale : il n'y a pas que les discours, il y a aussi la musique, et la musique fait partie de ce qui peut remonter le moral des gens. 

Il y a une chanson que vous serez obligés de chanter .... 

Oui, Les mains d'or. Ils la connaissent parfaitement. Elle correspond à cela , cette chanson. C'est un mec de 50 ans - ou d'une femme - qui perd son boulot, et qui sait qu'après, il aura du mal à en retrouver. J'ai écrit cela il y a plus de 20 ans, vous vous rendez compte, et rien n'a changé. On a beau dire l'ancien monde, mais le nouveau monde ne change pas grand chose. 

"Une question de morale" Bernard Lavilliers

Pour ce concert de soutien, la salle de Fongravey sera pleine, la soirée a lieu à guichets fermés. Les 600 billets disponibles,vendus 5 euros pour financer les actions des salariés, se sont vendus en moins de deux heures dès l'ouverture de la billetterie.