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Économie – Social

Bernard Thibault en visite à Belfort n'a "pas perdu de temps à regarder le débat Fillon-Juppé"

vendredi 25 novembre 2016 à 9:11 Par Jules Brelaz, France Bleu Belfort-Montbéliard

L'ancien secrétaire général de la CGT vient parler ce vendredi de son mandat au sein de l'Organisation internationale du travail (OIT). Mondialisation, lutte des classes... Bernard Thibault dit aussi tout le mal qu'il pense des deux candidats de la primaire de la droite et du centre.

L'ex-secrétaire général de la CGT Bernard Thibault anime une matinée de débat à Belfort.
L'ex-secrétaire général de la CGT Bernard Thibault anime une matinée de débat à Belfort. © Maxppp - Maxppp

Belfort, France

Cheminot à 17 ans, militant à 18, patron de la Confédération générale des travailleurs durant 14 ans (1999-2013), c'est l'une des figures emblématiques de la lutte syndicale de ces dernières années. Au lendemain du dernier débat de la primaire de la droite et du centre, Bernard Thibault a dénoncé les propositions ultra-libérales d'Alain Juppé et François Fillon, qui ont promis tous deux d'abroger la semaine de 35 heures.

"Je n'attends absolument pas de l'un ou l'autre des candidats de la droite un devenir meilleur pour les travailleurs. C'est la raison pour laquelle je n'ai pas perdu mon temps à regarder ce débat qui tourne uniquement autour de la remise en question en cause des droits sociaux."

On voudrait nous convaincre qu'en France, l'heure n'est plus aux droits sociaux

Invité vendredi matin de France Bleu Belfort-Montbéliard, Bernard Thibault s'inquiète de la casse annoncée du modèle social hérité de la Libération. "Il y a aujourd'hui la moitié des travailleurs dans le monde qui travaillent sans contrat de travail et on a l'impression que les différents candidats voudraient nous amener vers ce standard, que la déréglementation deviendrait la règle internationale et c'est ce sur quoi je me bas avec tant d'autres camarades."

Faire de l'OIT un Conseil des Prud'hommes mondial

A Vesoul en Haute-Saône jeudi, à Belfort vendredi, Bernard Thibault vient présenter son dernier livre La troisième guerre mondiale est sociale. Un titre un brin provocateur "tout simplement parce que c'est la réalité". "Peu de gens savent qu'il y a chaque année deux millions trois cent mille personnes qui décèdent du travail (accident du travail, maladies professionnelles). C'est bien supérieur au nombre de décès provoqués par les guerres et des conflits réunis sur la planète."

Face aux velléités de déréglementation qui agitent la droite, l'ancien patron de la CGT plaide au contraire pour davantage de réglementation.

La mise en concurrence des salariés par le moins-disant social vise à aspirer tout le monde vers le bas, en cherchant à nous convaincre que les acquis d'hier ne seraient plus d'actualité.

Dans son manifeste paru aux éditions de l'Atelier, Bernard Thibault vilipende "les 50.000 multinationales".

"Il ne s'agit pas de contester la place qu'occupent les multinationales dans l'économie mondiale. Elles font travailler un travailleur sur cinq à l'échelle de la planète. Ce sont elles qui décident d'investir, de délocaliser, de relocaliser. Mais il faut faire en sorte qu'elles développent leurs activités en respectant les conventions internationales du travail."

"C'est loin d'être le cas, c'est la raison pour laquelle je préconise que les entreprises internationales puissent être surveillées voire sanctionnées lorsqu'elles sont en infraction avec la législation du travail et cette mission pourrait être à l'Organisation internationale du travail qui a un mandat universel au titre des Nations Unies."

Après la fin de son mandat à la tête de la CGT, Bernard Thibault a été élu membre du conseil d'administration de l'Organisation internationale du travail. Dirigée collégialement par des représentants d'employeurs et de salariés, l'OIT est une instance méconnue des Nations Unies dont l'objectif est de "promouvoir la justice sociale comme facteur de paix dans le monde".