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Économie – Social

Bischheim : la pharmacie du Pont Phario se lance dans les lunettes à bas coût

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Par , France Bleu Alsace, France Bleu Elsass

Des lunettes entre 30 et 50% moins chères que le prix de marché. C'est ce que propose depuis début janvier la pharmacie du Pont Phario à Bischheim. Pour y arriver, elle travaille avec l'entreprise française Optic&Price.

Certaines pharmacies commencent à délaisser la parapharmacie pour vendre des lunettes
Certaines pharmacies commencent à délaisser la parapharmacie pour vendre des lunettes - Image fournie par Optic and Price

Bischheim, France

Depuis début janvier, la pharmacie du Pont Phario à Bischheim travaille avec l'entreprise française Optic&Price. Cela lui permet de vendre des lunettes entre 30 et 50% moins chères que le prix de marché. 

Avec un prix moyen de 470 euros pour des lunettes, les Français dépensent deux fois plus que leurs voisins européens pour équiper leurs yeux. C'est ce qu'affirmait l'UFC - Que choisir en mars 2017. Mais une nouvelle tendance est peut-être en train de bouleverser le marché français de la lunette. 

Un prix très intéressant pour la même qualité.

Un pharmacien, Yves Morvan, a créé Optic&Price en 2016. Il propose à ses confrères de vendre des lunettes dans leurs officines. Comme l'explique Frédéric Tiphine, pharmacien à Bischheim, le but est double : "On espère attirer de nouveaux clients tout en leur apportant des prix très intéressants pour la même qualité." La même qualité au même prix. Mais comment Optic&Price s'en sort-il ? 

Ni pub, ni stock, ni magasin

Premièrement le vendeur de lunette ne fait pas du tout de pub ni de marketing. Ce qui représente un budget énorme pour les grands groupes d'optique. Ensuite, Optic&Price n'a pas ses propres magasins. Donc pas de loyer à payer, ni toutes les charges qui y sont liées (électricité, téléphone, etc.). 

En effet, les opticiens d'Optic&Price sont salariés des pharmacies. C'est le cas, par exemple, de Moez Oueslati depuis début janvier à Bischheim. Et enfin, les pharmacies qui travaillent avec Optic&Price n'ont pas du tout de stock. Elles n'ont pas besoin d'acheter les lunettes pour les vendre ensuite. Elles n'ont que des modèles d'exposition et commandent uniquement ce que veulent les clients. 

Le coup de poker des pharmaciens 

Pour les pharmacies, le pari est risqué. "Nous avons investi 50 000 euros pour aménager une salle d’auscultation à notre opticien," explique Frédéric Tiphine à Bischheim. "Et nous avons supprimé un tiers de notre rayon parapharmacie pour faire de la place aux lunettes." Mais bien sûr, Frédéric Tiphine espère voir venir des nouveaux clients dans sa pharmacie. 

La même qualité, vraiment ?

Du côté des grandes enseignes, très peu d'opticiens souhaitent s'exprimer sur ce nouvel acteur du marché de la lunette. Ils sont d'ailleurs très peu à en avoir entendu parler. Mais Thomas, opticien pour une grande chaîne, reconnait que "ça risque de devenir une concurrence directe, surtout s'ils proposent la même chose que nous beaucoup moins cher." 

On pourrait croire, en effet, qu'Optic&Price propose des lunettes bas de gamme. Mais ce n'est pas le cas. A la pharmacie du Pont Phario, le choix est certes plus restreint que dans une boutique spécialisée de cent mètres carrés. Mais le panel de possibilités reste large. Des montures faites en Chine à celles des marques faites en France ou en Italie. Quant aux verres, ils sont aussi fabriqués en France ou en Allemagne. 

Tout le monde ne peut pas s'aligner 

Enfin, pour certains opticiens indépendants, la guerre du prix n'est plus un objectif depuis longtemps. "On doit déjà faire face à la concurrence féroce des grandes chaînes," soupire Marie Moulard, opticienne indépendante à Strasbourg. "Donc on ne peut pas sans cesse tirer nos prix vers le bas." Marie Moulard a ouvert sa boutique il y a deux ans et demi. Cela ne fait que six mois qu'elle arrive à se verser un salaire. 

L'avenir dira si le modèle économique d'Optic&Price est viable. Une pharmacie à Colmar proposait déjà ces lunettes mais elle a arrêté faute de rentabilité.