Économie – Social

Blanquefort : une journée "usine morte" à Ford ce lundi

Par Pauline Pennanec'h, France Bleu Gironde dimanche 22 janvier 2017 à 18:00

Le site Ford de Blanquefort emploie encore un peu moins de 1.000 salariés
Le site Ford de Blanquefort emploie encore un peu moins de 1.000 salariés © Maxppp -

Les syndicats de Ford à Blanquefort appelle ce lundi à une "journée usine morte" pour continuer à alerter sur la situation de l'usine. Selon l'Intersyndicale, le constructeur américain ne prévoit pas suffisamment de volume de production pour garantir la survie du site.

Les syndicats de Ford à Blanquefort appelle ce lundi à une "journée usine morte". Ils demandent aux salariés de cesser le travail, jusqu'à ce mardi 6 heures du matin. Une journée de mobilisation et de grève "pour continuer, disent-ils, à alerter sur une situation préoccupante, pour dénoncer la situation et surtout pour au final infléchir la politique de Ford, car il y a danger et il est largement temps d'agir".

Selon l'Intersyndicale, Le constructeur américain ne prévoit pas suffisamment de volume de production pour garantir la survie du site qui emploie encore un peu moins de 1.000 salariés.

Une marche jusqu'à la préfecture

Dès 6 heures du matin, les salariés sont appelés à se retrouver devant les grilles d'entrée de l'usine Ford. Des tracts vont être distribués à 7 h 15 sur le rond-point situé devant le site. Puis les syndicats partiront, depuis la gare de Blanquefort, en tramway, jusqu'à la Place des Quinconces à Bordeaux.

De là, une marche est prévue jusqu'à la Préfecture à Bordeaux où un rassemblement est prévu.

Nous exigerons qu'une délégation soit reçue par le Préfet
— L'Intersyndicale de Ford Blanquefort

Un contexte économique qui n'aide pas

Lors de ses vœux à la presse le 19 janvier, le Préfet de la Gironde Pierre Dartout a annoncé qu'il doit recevoir, le 9 février, une délégation de Ford Europe pour faire le point sur la situation de l'usine de Blanquefort, accompagné des élus concernés par le dossier, avant une autre réunion à Paris, au Ministère de l'Industrie le 20 février.

Pierre Dartout préfet de région - Radio France
Pierre Dartout préfet de région © Radio France - Stéphane Hiscock

Pour le préfet Pierre Dartout, le contexte économique n'aide pas pour discuter avec Ford : "Les productions ne sont plus les mêmes. Cette entreprise produisait des pièces pour lesquelles aujourd'hui il n'y a plus de besoins. Il faut voir maintenant quelles sont les autres pièces que cette entreprise peut fabriquer dans des conditions très satisfaisantes en terme de compétitivité et de qualité" explique-t-il.

Il faut que l'on soit tous bien armés pour que cette entreprise continue avoir le potentielle qu'elle a dans notre agglomération qui a besoin d'industrie
— Pierre Dartout, Préfet de la Gironde

Alain Juppé a reçu les syndicats

De son côté le maire de Bordeaux Alain Juppé a reçu, le 20 janvier, les représentants des syndicats des salariés de Ford Aquitaine Industrie. Alain Juppé a annoncé qu'il avait écrit, le 13 janvier dernier, au Président de Ford Europe, Jim Farley, pour demander urgemment un comité de pilotage. Lequel Jim Farley a accepté.

Pascale Got, députée du Médoc - Radio France
Pascale Got, députée du Médoc © Radio France - Yves Maugue

Le gouvernement avait déjà répondu à une question posée à l'assemblée nationale par Pascale Got, la députée PS du Médoc. Elle affirme partager les inquiétudes des salariés, pour plusieurs raisons : "Les baisses de production, les réorientations possibles sur d'autres pays, et le protectionnisme de Trump qui ne fait que renforcer le problème" explique la députée. Les prochaines semaines seront décisives pour l'avenir de l'entreprise Ford à Blanquefort.