Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour

À Poitiers, le boom des boutiques de CBD

-
Par , France Bleu Poitou

Elles ont fleuri dans le centre-ville de Poitiers depuis six mois : les boutiques vendant des produits à base de cannabidiol (CBD), la molécule non-psychotrope du cannabis, se sont multipliées avec l'évolution de la législation européenne. Et malgré la concurrence, chacune tire son épingle du jeu.

Au moins huit magasins de CBD ont ouvert leurs portes depuis six mois à Poitiers
Au moins huit magasins de CBD ont ouvert leurs portes depuis six mois à Poitiers © Radio France - Morgane Heuclin-Reffait

Des huiles, thés, fleurs, liquides pour e-cigarettes, alignés sur les étagères, avec parfois des feuilles de cannabis en guise de logo. Comme dans toute la France, les magasins de produits à base de CBD investissent Poitiers depuis six mois. Avec une nouvelle législation européenne depuis novembre 2020, les préfets ne peuvent plus s'opposer à leur vente, qui faisait jusqu'alors l'objet d'un vide juridique. 

Pas moins de huit magasins se sont installés à Poitiers depuis la décision de la Cour de justice de l'Union européenne, jugeant illégale l'interdiction du CBD décrétée en France. À ses yeux, il ne peut être considéré comme un stupéfiant ou un médicament, n'ayant pas d'effet psychotrope. En France, leur commercialisation et culture reste interdite si la teneur en THC, la molécule psychotrope, est supérieure à 2%. 

Marché à prendre

"Il y a quelques mois, il n'y avait que trois boutiques, et depuis qu'on a commencé nos démarches, d'autres sont arrivés !" constate le gérant d'O CBD Shop, Florian Salort. Il vient d'ouvrir début mai son magasin poitevin, et espère bien se créer sa clientèle rapidement. High Society CBD, une autre franchise qui a ouvert début avril en plein confinement, a en tout cas démarré sur les chapeaux de roues malgré le contexte : une quinzaine de clients y passent chaque jour selon le gérant. "On a fait un bon démarrage, c'est qu'il y avait une demande et une attente", estime Yoann Salles. 

Même constat chez My Chanvre : après avoir lancé son activité sur internet en août, le poitevin Loïc Quilichini a ouvert une boutique en janvier dernier : "on a triplé le chiffre d'affaires en trois mois, et on a explosé notre prévisionnel", lance-t-il. L'arrivée des concurrents n'a changé sa stratégie qu'à la marge, "en choisissant des produits ou des marques que les autres n'ont pas". "Je dirais même que la concurrence a créé un effet bénéfique, explique Loïc Quilichini. _L'avantage, c'est que tout Poitiers a entendu parler des CBD shop_, ça nous a ramené plus de clientèle qu'on n'en a perdue."

"C'est très à la mode, on en parle énormément au grand public aujourd'hui", reconnait Jérémy Sagnier, gérant du Bistrot des Graines, installé depuis décembre. Lui qui gère par ailleurs deux restaurants s'est lancé avec 10.000 euros : "le _ticket d'entrée pour ouvrir une boutique de CBD n'est pas énorme_. On est sur un marché prometteur, c'est pour ça qu'autant de gens s'y mettent."

Clientèle variée

Si le boom de ces boutiques est national, leur concentration dans le centre-ville de Poitiers est frappante. Avec une franchise d'une centaine de magasins dans toute la France, ouvrir un nouveau magasin High Society ici est un pari gagnant selon Yoann Salles : "c'est une _ville d'environ 100.000 habitants_, avec les touristes qui viennent au Futuroscope, et on a été très bien accueillis par la population et les commerçants, explique-t-il. On travaille finalement très peu avec des étudiants par rapport à ce qu'on imaginait, essentiellement avec une tranche de 25 à 45 ans."

Ne pas cibler les étudiants, c'est même la stratégie chez My Chanvre. "Quand on a dit ça à l'experte-comptable, ça lui a fait tout bizarre, car c'est la moitié de la population à Poitiers ! plaisante Loïc Quilichini. Mais on pense pouvoir fonctionner sans en faire notre cœur de cible. _Notre clientèle, c'est des gens de 30 à 60 ans_, pas mal de personnes âgées qui viennent essayer les produits pour se relaxer." 

Une catégorie de population qui permet de se développer "grâce au bouche à oreille" ajoute Jérémy Sagnier, gérant du Bistrot des Graines : "ils ont tous les mêmes problèmes de douleurs ou d'insomnie, donc quand ça fonctionne, ils en parlent à leurs connaissances." Une clientèle qui s'est diversifiée un peu plus depuis le début de la crise sanitaire, attirés par les vertus supposées relaxantes du cannabidiol pour apaiser leur stress.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess