Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie - Social

Bordeaux : huit mineurs étrangers à la rue trouvent un hébergement provisoire

-
Par , France Bleu Gironde

Huit mineurs étrangers à la rue depuis des mois seront hébergés pendant quelques jours sur décision de l'Aide Sociale à l'Enfance. Ce jeudi matin, une quarantaine de militants se sont rassemblés afin de demander leur placement en foyer et ont obtenu gain de cause. Une solution cependant temporaire.

Les jeunes, avec leurs Ordonnance de Placement Provisoire délivrées par un juge, devant l'ASE où ils se rendent tous les jours.
Les jeunes, avec leurs Ordonnance de Placement Provisoire délivrées par un juge, devant l'ASE où ils se rendent tous les jours. © Radio France - Fanny Ohier

Bordeaux, France

Huit mineurs étrangers, à la rue depuis le début de l'hiver, dormiront au chaud ce soir ! Une quarantaine de personnes se sont rassemblées à onze heures ce matin, protestant contre le manque d'action du département, qui n'héberge pas ces huit jeunes alors qu'il en a l'obligation.   Le collectif de soutien Mineurs Isolés Étrangers (MIE) a finalement été reçu vers midi par la direction de l'Aide Sociale à l'Enfance (ASE), le service du conseil départemental qui gère les hébergements. Il a obtenu le placement des huit jeunes en foyer dès ce soir et jusqu'à lundi. Une régularisation de la situation, en soi, qui n'est que temporaire. Depuis le début du mois, chaque jour de la semaine, MIE est venu devant le bâtiment du département pour demander une prise en charge des jeunes. 

Vivre dans la rue, une situation lourde de conséquences pour ces jeunes selon Martine Descoubes, membre de la Cimade et du collectif. "Ils vivent en squat ou dans la rue. Donc ils vivent dans des conditions difficiles, ils dorment mal. Leur santé se dégrade. On les voit arriver tous les jours de plus en plus fatigués. On en a envoyés deux à l'hôpital, pour se faire soigner." 

Autre conséquence, les jeunes ne peuvent pas être scolarisés. "Pas d'hébergement, c'est pas de repas réguliers, pas de suivi éducatif," continue Martine Descoubes. "Ils attendent la prise en charge de l'ASE pour être scolarisés. Surtout, s'ils n'ont pas de formation qualifiante avant leur titre de séjour, ils n'y auront pas droit une fois majeurs." Les membres du collectif se disent soulagés par la décision de l'ASE d'héberger les jeunes pendant quatre jours. "Mais on attend de voir quand même," ajoute Martine Descoubes. Ce qu'elle espère, c'est que l'hébergement sera renouvelé et qu'une solution permanente sera trouvée. 

"S'ils n'ont pas de formation qualifiante avant leur titre de séjour, ils n'y auront pas droit une fois majeurs", Martine Descoubes, du collectif.

C'est qu'a affirmé la directrice adjointe de l'Aide Sociale à l'Enfance Evelyne Périer, suite à son entrevue avec le collectif. Elle explique que le dispositif d'accueil est saturé. "On recherche des places constamment. Donc là, on a appelé des opérateurs pour qu'ils trouvent des places dans l'urgence." Les services départementaux ont l'obligation d'accueillir les jeunes mais ont des difficultés à faire face aux flux des arrivées. Selon Evelyne Périer, il n'y a pas assez de personnel employé mais l'ASE s’attelle à en recruter davantage. Le département à créé 900 places depuis 2015, il prévoit l'arrivée de 600 nouveaux mineurs dans leur dispositif pour 2019. 

"On ne peut rien faire, tout nous manque au squat où on dort."— Ibrahima vit à la rue depuis son arrivée en France

Ibrahima a 17 ans, il vient de Guinée également. "Tout le monde est malade et moi aussi". Pour se nourrir, il se rend au Restos du cœur et depuis que le collectif se mobilise devant les locaux de l'ASE, ils ont le droit à deux tickets restaurant au lieu d'un auparavant, les jours de semaine. "Ça n'est pas suffisant pour se nourrir correctement," cependant, comme le souligne Ibrahima. "Et on aimerait cuisiner nous-mêmes."  

A 16 ans, Mohamed est parti de Guinée, il a traversé la Méditerranée dans un canot pneumatique jusqu'à arriver en France en juin dernier. Depuis neuf mois, il dort dehors.

"On est dans un squat, on n'a pas d'eau chaude", confie Mohamed. "Je dors mal, il fait froid. "

"Moi, depuis le mois de décembre, ce sont ces habits que je porte parce que sans eau chaude, on ne peut pas les laver souvent," dit-il en désignant son pantalon de jogging et son sweat-shirt. 

La scolarité est payante en Guinée et inaccessible pour Mohamed. C'est pour ça qu'il est venu en France. Sans hébergement, pas de scolarité, sans scolarité, pas de titre de séjour une fois la majorité atteinte. 

"On est dans un squat, on n'a pas d'eau chaude", confie Mohamed. "Je dors mal, il fait froid."

Grâce à cette décision, au moins, pendant quelques jours, Mohamed et ses camarades dormiront loin des squats où ils ont du mal à fermer l’œil et iront se reposer au chaud, dans un lit.

Choix de la station

À venir dansDanssecondess

France Bleu