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Bordeaux : ils ont fabriqué la tête du robot envoyé sur Mars par la Nasa

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Par , France Bleu Gironde, France Bleu

Décollage de la fusée de la Nasa à 13h50 ce jeudi depuis le Cap Canaveral en Floride aux Etats-Unis. Philippe Caïs et son collègue Bruno Bousquet auront les yeux rivés à leurs écrans depuis Bordeaux, pour observer le décollage du robot qu'ils ont en partie fabriqué.

Deux chercheurs bordelais ont travaillé sur la tête "Super Cam" du robot de la Nasa Perseverance qui décolle pour la planète Mars ce jeudi.
Deux chercheurs bordelais ont travaillé sur la tête "Super Cam" du robot de la Nasa Perseverance qui décolle pour la planète Mars ce jeudi. - Nasa/JPL-Caltech

Deux chercheurs bordelais ont travaillé sur la tête du robot de la Nasa qui décolle pour Mars ce jeudi. A 13h50, la fusée Atlas V décollera depuis le Cap Canaveral en Floride aux Etats Unis. A son bord, le robot "Perseverance", missionné pour prélever et analyser des échantillons du sol martien. Une première victoire pour les deux équipes de chercheurs du laboratoire d'astrophysique de Bordeaux qui participent à cette mission depuis cinq ans. 

À cause de la Covid-19, les chercheurs observeront le décollage depuis Bordeaux 

Le 30 juillet à 13h50 : la date et l'heure sont fixés, seul un orage pourrait retarder le lancement de la fusée depuis la Floride, précise Philippe Caïs, ingénieur de recherche CNRS au Laboratoire d'astrophysique de Bordeaux. Lui, aura les yeux rivés sur son ordinateur au moment du décollage. Mais il sera à Bordeaux et non avec ses collègues en Floride, comme c'était prévu. A cause de l'épidémie de coronavirus. 

"On est tous très frustrés, on était une centaine de [chercheurs] à y aller avec nos familles !", regrette Philippe Caïs. "On avait nos billets mais voilà le coronavirus fait qu'on est obligés de l'observer depuis Bordeaux, Toulouse, Paris..." Lui attend déjà d'observer l'arrivée de la fusée au laboratoire, avec ses collègues. Arrivée prévue pour février 2021, dans 7 mois. 

On avait nos billets [pour la Floride] mais voilà, le coronavirus fait qu'on est obligés d'observer [le lancement de la fusée] depuis Bordeaux ! - Philippe Caïs, chef du projet Perseverance

Philippe Caïs, chef du projet "Super Cam" au laboratoire d'astrophysique de Bordeaux, avec le rover. Le robot mobile envoyé sur Mars ce jeudi.
Philippe Caïs, chef du projet "Super Cam" au laboratoire d'astrophysique de Bordeaux, avec le rover. Le robot mobile envoyé sur Mars ce jeudi. © Radio France - Fanny Ohier

La tête du robot, la "Super Cam" a été conçue à Bordeaux 

Dans le bureau du chercheur, la maquette du robot est posée au milieu sur une table. C'est un véhicule à six roues équipé d'un bras articulé conçu pour se déplacer sur Mars et collecter, analyser des échantillons du sol. La maquette est une version réduite de l'engin, échelle 1/15e. "Il faut s'imaginer que le rover fait 2,50 mètres de haut, 4 mètres de long et quand il étend son bras [articulé], il fait jusqu'à sept mètres de long [et pèse] à peu près une tonne !", s'enthousiasme Philippe Caïs. "C'est le plus gros rover envoyé dans l'espace !" 

La "Super Cam" (qui a l'apparence d'une grand vidéo projecteur), au moment de son assemblage avec le rover Perseverance.
La "Super Cam" (qui a l'apparence d'une grand vidéo projecteur), au moment de son assemblage avec le rover Perseverance. - Nasa _ JPL-Caltech

C'est l'astromobile le plus perfectionné aussi : parmi les sept instruments du robot conçus par la Nasa, l'un d'entre eux transforme l'atmosphère de Mars en oxygène pour de futures expéditions humaines sur la planète rouge par exemple. Avec son équipe, Philippe Caïs a travaillé pendant cinq ans sur la tête du robot, la "Super Cam". Pour faire simple : elle retransmet des images, réalise des photographies, fait une prise de son de l'environnement grâce à un micro. 

"Le couteau suisse du robot"

"La Super Cam, c'est le couteau suisse du robot," explique le chercheur. "Elle permettra de détecter les roches qui sont les plus intéressantes : qui présentent des signatures biologiques, [de l'ADN] des bactéries, etc." Avec son équipe, ils analyseront les images retransmises par le robot depuis Mars. Dès qu'une roche sera jugée intéressante par l'équipe, celle-ci demandera à ce que d'autres instruments du robot en prélèvent des échantillons qui seront mis dans de petits tubes. Jusqu'à 40 seront ainsi prélevés sur Mars. 

Échantillons qu'une autre mission prévue à l'horizon 2030 viendra chercher pour les ramener sur Terre et les analyser en laboratoire. Une centaine de scientifiques français participeront à cette collecte dès que le robot sera posé sur Mars. Dont Bruno Bousquet, enseignant-chercheur bordelais en physique rattaché au laboratoire CNRS le CELIA. L'arrivée du robot sur Mars est prévue dans 7 mois, en février 2021. 

Comment le laboratoire d'astrophysique de Bordeaux a commencé à travailler avec la Nasa 

Philippe Caïs fabrique des instruments pour le domaine du spatial depuis 20 ans. Il a déjà participé à la conception du précédent robot mobile "Curiosity" envoyé par la Nasa sur Mars il y a 8 ans. 

Pour "Perseverance", le chercheur et son équipe ont simplement répondu à un appel à projets de la Nasa il y a cinq ans, avec les équipes du Centre National d'Études Spatiale (CNES) de Toulouse. Sur les 58 projets en lice, venu du monde entier, leur projet est finalement sélectionné. 

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