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Économie – Social

Bordeaux : la rénovation de trois immeubles récompensée par un prestigieux prix d'architecture

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Par , France Bleu Gironde

Trois agences françaises d'architecture ont reçu le prix Mies van der Rohe de l'Union européenne, pour la transformation de 530 logements sociaux dans le quartier Grand Parc à Bordeaux. La rénovation des trois immeubles s'était achevée en 2016.

L'un des trois immeubles rénovés, avec cette façade de balcons et jardins d'hiver accolée à la façade d'origine.
L'un des trois immeubles rénovés, avec cette façade de balcons et jardins d'hiver accolée à la façade d'origine. © Radio France - Camille Huppenoire

Bordeaux, France

Dans le quartier Grand Parc, à Bordeaux, difficile de rater ces trois massifs immeubles datant de l'après-guerre, surtout par beau temps : le soleil fait luire les immenses façades presque entièrement de vitres. C'est la partie la plus visible d'une réhabilitation qui a duré environ deux ans et s'est terminée en 2016. Pour éviter la destruction des barres d'immeubles, les agences d'architecture Lacaton et Vassal, Frédéric Druot et Christophe Hutin ont agrandi l'ensemble...en annexant à la façade une nouvelle "couche" de balcons et de jardins d'hiver, de 4 mètres de profondeur. 

Le jury salue "l'optimisme et la modernité"

Avec cette technique de rénovation, tous les appartements ont gagné en surface et en luminosité. Tandis que le jury salue "l'optimisme et la modernité" du projet, qui préfère préserver l'ensemble et lui donner une nouvelle vie, des habitants trouvent à redire.  Certains estiment la façade un peu triste, sans couleurs.  Cécile peste contre l'eau du ménage et des plantes du voisin du dessus, qui ruisselle parfois sur ses fenêtres. 

L'intérieur d'un appartement. Ce long balcon filant a été apposé sur la façade d'origine.  - Aucun(e)
L'intérieur d'un appartement. Ce long balcon filant a été apposé sur la façade d'origine. - Philippe Ruault

Pour Jeanne, qui vit depuis 42 ans dans un des immeubles, le plus gros inconvénient de la rénovation, c'est le nettoyage des grandes vitres : "il faut le faire tous les jours, le balcon, les fenêtres..." Une entretien comme dans n'importe quel logement, répond Christophe Hutin, un des architectes, qui souligne que les balcons fermés, filants, sont justement conçus pour que le nettoyage soit plus aisé. Les quelques habitants mécontents n'ont pas troublé le jury du prix Mies van der Rohe, venu évaluer les lieux en personne. 

Les architectes lauréats du prix, dont Christophe Hutin (g.) - Aucun(e)
Les architectes lauréats du prix, dont Christophe Hutin (g.) - Mies Prize 2019

Des architectes contre la méthode de rénovation "table rase"

Plus qu'un projet, le Bordelais Christophe Hutin défend une philosophie : il s'élève contre la rénovation urbaine qui rase les immeubles datant des années 50 et 60. Réhabiliter plutôt que détruire "c'est quatre fois moins coûteux" dit-il. "[Ces immeubles] ont un énorme potentiel (...) ils sont en très bon état, ils n'ont juste pas été entretenus correctement pendant une période trop longue." Recevoir ce prix européen, face à 382 projets concurrents, c'est pour Christophe Hutin une vraie reconnaissance. Il espère désormais que la récompense va amener les politiques de rénovation sur une nouvelle voie. 

A La Benauge, une barre de 160 logements va être démolie...je regrette qu'on n'ait pas fait jurisprudence avec ce projet - Christophe Hutin

La réhabilitation des trois immeubles du quartier Grand Parc, réalisée pour l'office public de l'habitat de Bordeaux Métropole Aquitanis, n'a pas eu d'effet boule de neige, regrette Christophe Hutin. Fier de ce projet "de grande ampleur" (530 logements sociaux transformés, une surface de près de 60 000 mètres carrés), il continue à pousser les autorités politiques à choisir la réhabilitation en douceur plutôt que la destruction.