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Économie – Social

Bordeaux : les associations de quartier très inquiètes de la réduction des contrats aidés

mercredi 27 septembre 2017 à 18:44 Par Thomas Biet, France Bleu Gironde

Le gouvernement va les réduire environ d'un tiers l'an prochain. Pour certaines structures associatives, c'est leur survie même qui est en jeu. Alain Juppé demande à l'Etat de ne pas toucher aux associations qui interviennent dans les quartiers prioritaires.

La régie de quartier de Bacalan emploie 80 personnes dont la moitié grâce au système d'emplois aidés
La régie de quartier de Bacalan emploie 80 personnes dont la moitié grâce au système d'emplois aidés © Radio France - Thomas Biet

Bordeaux, France

Le gouvernement va réduire le nombre de contrats aidés en 2018. Il y en aura 200 000 sur l'ensemble du pays contre 310 000 en 2017. Une baisse moins importante que prévue initialement mais qui inquiète les associations. A Bordeaux, Alain Juppé a demandé à la préfecture de ne pas impacter les associations qui travaillent dans les quartiers dits "défavorisés". "Il faut que nous obtenions le maintien des emplois les plus nécessaires. On va faire le recensement précis, faire une hiérarchie et discuter avec l'Etat" a lancé le maire de Bordeaux lors de sa conférence de presse de rentrée.

A Bacalan, la régie de quartier menacée

La régie de quartier de Bacalan a été créé il y a 20 ans. L'association enlève les encombrants, gère des espaces verts et forme des salariés. 510 personnes depuis 1997. La plupart ont trouvé un emploi à l'issue de leur passage. Elle emploie aujourd'hui 39 personnes en contrats aidés. Quasiment la moitié de ses effectifs. Pour son président Pascal Pilet, les conséquences pourraient être dramatiques : "Si demain on ne peut plus fonctionner, ce sont des entrées d'immeubles plus nettoyés, des encombrants dans les rues, des espaces verts qui ne seront plus entretenus. Et étant donné que notre finalité est la réinsertion des gens et que ce ne serait plus possible, la question se poserait rapidement de l'existence même de notre régie de quartier".

La réinsertion ne serait plus possible

Aux Aubiers, l'association Urban Vibration School emploie pour sa part 3 salariés, tous en emplois aidés. Une douzaine de bénévoles viennent prêter main forte. Le but depuis 10 ans : favoriser le développement individuel à travers la pratique artistique et les échanges culturels. Emmener les gosses du quartier visiter des expos, s'ouvrir à d'autres horizons que la dalle en bas de leurs immeubles. Le local de l'association est d'ailleurs en cours d’agrandissement. Si les contrats sautent, Eddy Durteste, le directeur, craint pour l'avenir : "Ce sera très compliqué car nos bénévoles ne peuvent pas assurer ces missions d'accompagnement des jeunes et des personnes âgés, dans la traduction de documents par exemple. Or, les habitants se reposent sur nous pour plein de raisons".

Essentiels pour l'équilibre des quartiers

L'association aide aussi les personnes âgées dans leurs démarches administratifs. Il y a aux Aubiers plus de 50 nationalités. Le revenu moyen ici est l'un des plus bas du département. Kiébaldy est bénévole à l'association. En septembre, elle devait bénéficier d'un contrat aidé. Il a été supprimé : "Mon premier objectif, c'était d'acquérir de l'expérience. Je ne trouve pas ça très intelligent de supprimer ces emplois, de se baser sur des calculs. Il faudrait que ces gens viennent sur le terrain, voir ce que l'on fait avec les enfants, pour les ouvrir à la culture notamment".

Se baser sur des calculs, ce n'est pas très intelligent. Qu'ils viennent voir ce que l'on fait ici !

L'UVS des Aubiers propose de l'aide et des échanges culturels et artistiques depuis 10 ans aux Aubiers - Radio France
L'UVS des Aubiers propose de l'aide et des échanges culturels et artistiques depuis 10 ans aux Aubiers © Radio France - Thomas Biet

Inquiétude similaire chez Promo-Femmes. L'association fête ses 20 ans cette année. A l'origine pour aider à l'alphabétisation des femmes. Elle aide aujourd'hui 600 femmes dans de multiples domaines grâce à ses bénévoles et ses 3 contrats aidés. Anne-Marie Beauvais, sa présidente, s'inquiète aussi beaucoup de leur possible disparition : "Ça entraînerait la suppression de 3 activités importantes de notre association : les cours de français (dont bénéficient 250 femmes), l'aide administrative (1 300 dossiers qui seraient alors pris en charge par les assistances sociales déjà surchargées) et tout ce qui concerne l'insertion professionnel (de 120 à 150 femmes concernées)".

La préfecture de la Gironde doit rendre ses arbitrages dans les prochains jours sur le sujet.