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Économie – Social

Bordeaux : les commerçants lancent un appel de détresse aux Gilets jaunes

jeudi 10 janvier 2019 à 16:03 Par Flore Catala, France Bleu Gironde

Après deux mois de manifestations de Gilets jaunes coûteuses pour les commerces, la Ronde des Quartiers de Bordeaux, association de commerçants et artisans indépendants, appelle ce jeudi les manifestants à cesser de bloquer le centre-ville les samedis.

Un commerçant ferme sa boutique au passage des Gilets jaunes, rue Sainte Catherine, à Bordeaux.
Un commerçant ferme sa boutique au passage des Gilets jaunes, rue Sainte Catherine, à Bordeaux. © Radio France - Camille Huppenoire

Bordeaux, France

Les commerçants sont à bout de souffle. Depuis deux mois, leur chiffre d'affaire ne cesse de baisser, et les difficultés financières se multiplient. Certains se demandent même s'ils parviendront à survivre, ou s'ils devront mettre la clé sous la porte avant la fin de l'hiver. Face à la situation, quelques uns de leur représentants, membres de l'association La Ronde des Quartiers de Bordeaux, lancent ce jeudi un appel de détresse. 

Problèmes de trésorerie

Les commerçants ont enregistré une baisse de fréquentation de près de 40%, et une baisse moyenne du chiffre d'affaires de 20%. Et pour cause : chaque samedi, en raison des manifestations de Gilets jaunes et de l'arrêt de circulation des trams, les clients se font rares en centre-ville. Une désaffection qui se ressent sur les ventes. À tel point que les commerçants ont du mal à payer leurs fournisseurs ainsi que leurs charges. 

Selon Christian Beaulme, président de l'association, la situation n'est plus tenable. "Nous pouvons, en raison de la situation, demander des reports de charge. Mais on ne peut pas le faire indéfiniment ! Il arrivera un moment où nous allons devoir payer les dettes. Et comment allons nous faire, si nous ne vendons pas ?". Il craint la fermeture de 10% des commerces indépendants d'ici la fin de la saison.

Nous sommes dos au mur. On comprend les revendications, mais il faut que ça cesse - Christian Beaulme, président de la Ronde des Quartiers de Bordeaux

Christian Beaulme, président de la Ronde des Quartiers de Bordeaux, appelle les gilets jaunes à cesser les blocages en centre-ville

Des difficultés au niveau de l'emploi

Des problèmes de trésorerie commencent à se poser aux commerçants. Les ventes remboursent les factures des fournisseurs, mais ne leur permettent de faire aucune marge. Pour faire face à ces difficultés financières, plusieurs enseignes cessent de recruter et ont déjà recours au chômage partiel pour maintenir un équilibre. Un chômage partiel qui, si la situation s'éternise, pourrait bien, à terme, laisser plusieurs salariés sans emploi. 

L'inquiétude monte avant le premier samedi des soldes

Les commerçants attendent beaucoup du premier samedi des soldes. Mais il risque d'être compromis par les manifestations de gilets jaunes prévues ce jour-là. Danièle, présidente de l'association des commerçants du quartier Saint-Paul, aimerait être entendue par les gilets jaunes. "Si samedi Bordeaux est encore bloquée, ça mettra encore plus en péril les commerces qui le sont déjà. Il faut cesser, et nous comprendre. On voudrait juste pouvoir continuer à travailler pour payer tout ce qui nous reste à payer".

Les commerçants affirment entendre les revendications des Gilets jaunes, et parfois, pour certains, s'y reconnaître. Ils ne condamnent en aucun cas le mouvement, mais bien les violences, qui paralysent le centre-ville de Bordeaux chaque samedi et qui asphyxient les commerces chaque semaine un peu plus.

Les dimanches ne compenseront pas les samedis perdus

Si les enseignes prévoient d'ouvrir plus tard en semaine ainsi que les dimanches dans les jours à venir, elles ont peu d'espoir d'attirer autant de clients que les samedis. Jérôme, qui tient un commerce Cours d'Alsace-et-Lorraine, ne se fait pas d'illusions. "On ne pourra pas rattraper nos samedis perdus. On ouvrira le dimanche, mais ça ne compensera pas les pertes".

Inquiets pour la fin de leur saison, les commerçants espèrent être entendus par les Gilets jaunes et attendent, anxieux, une accalmie du mouvement et des violences.

Ce jeudi, les représentants des commerces de Bordeaux se sont réunis pour lancer un appel de détresse aux Gilets jaunes