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Économie – Social

Bordeaux : Rassemblement en soutien à la jeune traductrice albanaise Drita devant la préfecture

vendredi 26 octobre 2018 à 17:33 Par Fanny Ohier, France Bleu Gironde

Une cinquantaine de personnes se sont retrouvées à 10h ce vendredi 26 octobre devant la préfecture pour soutenir la jeune albanaise, traductrice pour les institutions et menacée d'expulsion. Une délégation de soutien a rencontré la préfecture à 9h. Un réexamen du dossier est en cours.

Ils étaient une cinquantaine ce matin autour de Drita (au centre), à attendre les résultats du rendez-vous avec la préfecture.
Ils étaient une cinquantaine ce matin autour de Drita (au centre), à attendre les résultats du rendez-vous avec la préfecture. © Radio France - Fanny Ohier

Bordeaux, France

Suite à l'appel du "collectif pour Drita", ils étaient une cinquantaine ce matin à soutenir la jeune traductrice albanaise devant la Préfecture de la Gironde. Une délégation avait rendez-vous ce vendredi 26 octobre à 9h avec le secrétaire général pour demander un réexamen du dossier de Drita Kurtsmajlaj. La jeune femme de 23 ans et sa famille sont actuellement sous le coup d'une Obligation de Quitter le Territoire Français (OQTF). L'enjeu du dossier porte désormais sur les missions de traduction que Drita a effectué pour plusieurs institutions bordelaises et ses liens avec son pays d'origine. Pour l'instant, la Préfecture accepte de ré-examiner le dossier de Drita mais elle reste campée sur sa position : une reconduite volontaire de la famille hors du territoire.  

"Elle bosse ici, elle vit ici, elle reste ici", plusieurs associations sont venues montrer leur soutien à la jeune traductrice. - Radio France
"Elle bosse ici, elle vit ici, elle reste ici", plusieurs associations sont venues montrer leur soutien à la jeune traductrice. © Radio France - Fanny Ohier

Brigitte Lopez, membre du réseau "éducation sans frontières" (RESF), était à l'audience ce matin. "Nous avons apporté de nouveaux éléments au dossier, ces fameuses réquisitions de Drita pour traduire, signées par la police, des tribunaux." Pour Brigitte, ces documents peuvent appuyer la demande "d'admission exceptionnelle au séjour" de la jeune albanaise. 

"Si des réquisitions pour services [de traduction] rendus à des institutions ne sont pas un service à la nation, je ne comprends pas."  — Brigitte Lopez, représentante du collectif de soutien à Drita

"Nous avons apporté de nouvelles pièces au dossier, des réquisitions pour services rendus aux institutions"

Le soutien grandit

Une pétition de soutien a déjà rassemblé plus de 2500 signatures, en quatre jours. RESF, le Secours catholique, CSR 33 (Collectif Solidarité Réfugiés) et la Ligue des droits de l'homme faisaient partie de la délégation de ce matin. Au niveau politique, les messages de sympathie se multiplient et la couverture médiatique s'intensifie. Brigitte Lopez espère que cette mobilisation pèsera dans le dossier de Drita et souligne qu'elle a été l'un des points de discussion de la rencontre. Drita sera reçue à la mairie de Bordeaux mardi prochain.

La mobilisation s'intensifie, une 50aine de personnes membres du collectif de soutien se sont rassemblées à la Préfecture ce matin. - Radio France
La mobilisation s'intensifie, une 50aine de personnes membres du collectif de soutien se sont rassemblées à la Préfecture ce matin. © Radio France - Fanny Ohier

Brigitte, la marraine républicaine de Drita, l'a défendue lors de l'audience. Elle est sidérée par l'accueil réservé par la Préfecture. 

"On ne parle pas le même langage." — Brigitte, marraine républicaine de Drita — Pour elle, ils traitent ce dossier "de manière très froide, très détachée, très administrative".   

"Le combat continue... Drita est remarquablement intégrée, ou alors je ne comprends pas les critères"

Drita, traductrice pour les institutions, abandonnée par elles

Depuis son arrivée en France, Drita s'est battue pour défendre les droits des personnes à la rue. Avec son association, elle a servi de traductrice dans leurs échanges avec plusieurs institutions, dont des tribunaux, la police et même l'Office Français Immigration et Intégration (OFII). Le tout, sans contrepartie financière.

La famille Kurtsmajlaj a fui l'Albanie pour des raisons politiques il y a quatre ans. Rebutés du droit d'asile, les membres de la famille ont multiplié les demandes de titres de séjour, dont les dernières ont toutes été refusées. Le père de Drita notamment s'est vu retirer son statut d'étranger malade.