Économie – Social

Bordeaux : une marche de solidarité pour deux collégiens arméniens dont les parents sont menacés d'expulsion

Par Thomas Biet, France Bleu Gironde samedi 30 septembre 2017 à 12:55

Anna (au premier plan) et son frère Samuel ont reçu le soutien de dizaines de personnes ce samedi matin devant les grilles du collège Cassignol
Anna (au premier plan) et son frère Samuel ont reçu le soutien de dizaines de personnes ce samedi matin devant les grilles du collège Cassignol © Radio France - Thomas Biet

Une trentaine de personnes s'est réunie ce samedi matin devant les collèges Cassignol et du Grand Parc en soutien à une famille arménienne qui attend un titre de séjour depuis 3 ans. Anna et Samuel, scolarisés depuis 3 ans, sont parfaitement intégrés dans leurs établissements.

Il y avait des professeurs, des habitants du quartier, quelques collégiens, des membres d'associations. Une trentaine de personnes ont répondu à l'appel du collectif de soutien à Anna et Samuel. Ils ont 12 et 14 ans, ils sont frère et sœur. Leurs parents sont arrivés il y a un peu plus de trois ans en France après avoir vécu en Russie et en Espagne lorsqu'ils ont fui l'Arménie. Igor, le papa, était fonctionnaire et dit avoir été menacé dans son pays.

Leur demande d'asile refusée

La longue procédure de demande d'asile vient de prendre fin. Refus de la Commission nationale du droit d'asile de leur accorder l'asile. La famille doit donc quitter le logement qu'elle occupait durant l'instruction de son dossier (via le CADA : le centre d'accueil des demandeurs d'asile). Une fois tous les recours terminés (possibilité de se pourvoir en cassation, procédure médicale en parallèle), elle pourra potentiellement être obligée de quitter le territoire.

Ce sont des élèves exemplaires !

Dans les collèges d'Anna et Samuel, c'est l'inquiétude depuis mai dernier. "On ne savait même qu'ils étaient Arméniens avant que cette procédure ne soit connue" lance un parent d'élève impliqué dans le collectif. "Ce sont des élèves exemplaires" ajoute Olivier un professeur du collège du Grand Parc. Anna y est la première de sa classe. Présente, souriante et timide, elle est intimidée par la mobilisation : "J'ai parfois du mal à parler de ça avec mes copines car ça me gêne. Mais ça me fait vraiment plaisir de voir tous ces gens réunis spécialement pour ma famille". Des personnes du quartier se sont aussi déplacés : "Je suis d'origine arménienne. On est une communauté bien intégrée qui a apporté beaucoup à la France. Je suis déçu de voir comment on traite ces gens-là" lance Serge.

En attendant une évolution de la situation administrative, le collectif espère trouver un appartement pour la famille qui doit quitter celui mis à disposition par le CADA et propose même de se porter garant pour rassurer les bailleurs.