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Boulogne-sur-mer : une fin d'année sur fond d'incertitudes liées au Brexit, à Capécure

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Par , France Bleu Nord

Comment ça se passe à Capécure, la place des produits de la mer, à Boulogne ? La crise sanitaire a-t-elle perturbé les fêtes de fin d’année, temps fort de la filière ? Le Brexit est-il dans dans toutes les têtes, puisque une grande part du poisson transformé ici vient de Grande-Bretagne ? Reportage.

A Capécure, le quartier du poisson, à Boulogne-sur-mer, cette fin d'année est compliquée.
A Capécure, le quartier du poisson, à Boulogne-sur-mer, cette fin d'année est compliquée. © Radio France - Matthieu Darriet

Un matin de cette fin décembre, il y a foule, avec masques et gestes barrière, devant l’entreprise de salaison Corrue-Deseille, le spécialiste du poisson fumé, traditionnel, de qualité., à Boulogne-sur-mer.

"Cette année, ce n'est pas comme d'habitude, c'est sûr, raconte un retraité. Les fêtes sont perturbées par ce Covid. On va faire le minimum, mais avec ce qu'il y a de meilleur et qu'on connait, comme le saumon à la ficelle." 

Chez Corrue-Deseille, où l'on fume du poisson, de façon traditionnelle, au bois de hêtre, et notamment du saumon, depuis quatre générations, la période des fêtes est cruciale.
Chez Corrue-Deseille, où l'on fume du poisson, de façon traditionnelle, au bois de hêtre, et notamment du saumon, depuis quatre générations, la période des fêtes est cruciale. © Radio France - Matthieu Darriet

Il n'y a donc pas de renoncement à Noël, et c’est un soulagement pour Cédric Corrue, qui représente la quatrième génération de cette famille. Elle écoule, pour les fêtes, la moitié de ses 60 tonnes de saumons de Norvège ou d’Ecosse. 

Des marchés très mouvants

"Les collectivités et les comités d'entreprises, par exemple de la région parisienne, avec qui nous avons l'habitude de travailler, du fait que les salariés sont tous en télétravail, cette année, ils ne commandent pas chez nous," observe Cédric Corrue. 

Cédric Corrue est la quatrième génération, dans l'entreprise familiale de salaison, qui écoule la moitié de ses 60 tonnes annuelles de saumon, au moment des fêtes.
Cédric Corrue est la quatrième génération, dans l'entreprise familiale de salaison, qui écoule la moitié de ses 60 tonnes annuelles de saumon, au moment des fêtes. © Radio France - Matthieu Darriet

"Par contre, nos clients poissonniers ont commandé de manière plus importante. Donc il y a une bascule de marché," poursuit le directeur commercial de Corrue-Deseille qui envisage une baisse d'activité limitée à 10%, cette année.

Plus de poisson français

Un déplacement des marchés, c'est aussi ce que vit le mareyeur Pêcheries des Hauts-de-France (42 salariés). Un report des professionnels de la restaurations vers les particuliers, via les grandes surfaces, qui ont voulu du poisson français. L'année a donc été correcte.

Le mareyeur Stéphane Level craint que le Brexit fragilise ses approvisionnements, à cause des navires hollandais, avec qui les Boulonnais vont de voir se partager la moitié de la Manche.
Le mareyeur Stéphane Level craint que le Brexit fragilise ses approvisionnements, à cause des navires hollandais, avec qui les Boulonnais vont de voir se partager la moitié de la Manche. © Radio France - Matthieu Darriet

Mais les fêtes sont compliquées, raconte Stéphane Level, le patron : "C'est une période propice, normalement. On n'a pas eu beaucoup de production de pêche boulonnaise, à cause du temps, des grandes marées, et aussi en raison d'une pression de pêche importante de la part des bateaux hollandais."

Bataille navale avec les Hollandais ? 

Les Néerlandais sont présents à Boulogne avec une vingtaine de gros navires, avec qui la cohabitation va devenir compliquée avec le Brexit. "La Manche va être séparée en deux, on va récolter tous les autres bateaux européens, chez nous. Or, il n'y aura pas de place pour tout le monde," explique Stéphane Level.

Si le poisson anglais est bloqué à la frontière, la pêche française pourrait être plus demandée, mais cet effet sera certainement temporaire, le temps que le marché s'adapte.

Avec le Brexit, le saumon d'Ecosse, plus qualitatif -et de plus en plus demandé- pourrait voir son prix augmenter.
Avec le Brexit, le saumon d'Ecosse, plus qualitatif -et de plus en plus demandé- pourrait voir son prix augmenter. © Radio France - Matthieu Darriet

Le Brexit, chez Corrue –Deseille, on l'aborde assez sereinement. Mais des doutes persistent sur le prix du saumon d’Ecosse, le produit qualitatif de l'entreprise, raconte Cédric Corrue : "On vend de plus en plus de saumon d'origine Ecosse, environ 300 kg par semaine de produits finis. C'est en train de basculer du saumon de Norvège vers celui d'Ecosse. Le risque c'est que ce saumon soit plus cher, car il y aura plus de traitement à faire d'un point de vue administratif. Mais le portefeuille du consommateur n'est pas sans fin. "

Il ne faut pas que le saumon soit trop cher pour continuer à en vendre. Les Anglais ont besoin de la France et la France a besoin des Anglais. 

La France est en effet le premier marché européen pour le saumon fumé. 

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