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Économie – Social

Bourges : des semaines de formation pour rien

jeudi 25 octobre 2018 à 16:22 Par Michel Benoît, France Bleu Berry

La décision est tombée mercredi, brutale : l'IFRAC stoppe, à partir de ce vendredi soir toutes les formations qu'elle menait à destination des demandeurs d'emploi. L'IFRAC a été placée en redressement judiciaire jusqu'au 2 avril. Sa situation est critique.

L'Ifrac a été placé en redressement judiciaire. Les formations sont stoppées.
L'Ifrac a été placé en redressement judiciaire. Les formations sont stoppées. © Radio France - Michel Benoit

Bourges, France

L'IFRAC aura du mal à se sortir de ce mauvais pas :  un déficit de 3,2 millions d'euros pour un chiffre d'affaires de 6 millions. L'administrateur va essayer de trouver des repreneurs. L'IFRAC proposait des formations en transport et logistique notamment à Bourges et à Déols, près de Châteauroux. La région affirme tout mettre en oeuvre pour amener à leur terme les formations déjà engagées, mais cela s'annonce très compliqué. Une soixantaine de demandeurs d'emploi sont concernés en Berry. A Bourges, Kevin est d'autant plus amer qu'il devait passer son permis poids-lourd la semaine prochaine. Six semaines de formation pour rien : " On arrive à une semaine de l'examen pour avoir le bec dans l'eau, sans pouvoir passer cet examen. Pour moi, c'était le permis tous véhicules. J'avais commencé cette formation le 14 septembre. Moi, ce que je voulais, c'était commencer à travailler rapidement. C'est deux mois dans le vent !" 

Le centre de formation Ifrac de Bourges. - Radio France
Le centre de formation Ifrac de Bourges. © Radio France - Michel Benoit

IFRAC avait racheté Forget en 2016, juste avant d'obtenir ce gros marché du conseil régional. L'entreprise a sans doute voulu aller trop vite estime Marc Bougaut, délégué du personnel : " Au départ, on avait beaucoup d'espoir et puis petit à petit, cela s'est dégradé. On est très inquiet depuis le mois de juin et on a sonné la sonnette d'alarme dès le mois de juillet avec une lettre au procureur et une autre au président du tribunal de commerce.  En septembre, ce sont les tutelles qu'on a mis en branle. Le problème, c'est que beaucoup ont trop traîné pour réagir." 

L'espoir, c'est de trouver un repreneur pour chacun des quatre sites encore existants dans la région. Pour Marc Bougaut, l'IFRAC ne porte pas seule, la responsabilité de ce désastre : " C'est sûr, l'entreprise a commis l'erreur de n'avoir que deux gros clients : pôle emploi, qu'on a perdu et le conseil régional avec qui il a fallu s'arrêter de travailler parce qu'on ne pouvait plus faire face aux engagements. Mais la tutelle a aussi une part de faute. Il n'y a pas que le coût de la formation à étudier quand on passe un marché et il faudra se poser la question de la façon dont sont évalués ces marchés liés à la formation professionnelle. Il y a une déstructuration du marché avec des formes de concurrence déloyale.  Il est vrai que ce gros marché avec le conseil régional est venu trop tôt alors qu'on venait de racheter Forget et qu'on n'avait pas encore digéré cette acquisition."  La formation est une manne d'argent public pour beaucoup d'organismes. Un peu plus de contrôles sur le contenu des formations et le sérieux de ces organismes ne serait sans doute pas superflu. L'IFRAC compte en outre 65 personnes en région Centre Val de Loire, elles aussi inquiètes pour leur avenir.