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Économie – Social

Bourges : le prix du bois de chêne continue de s'envoler

jeudi 5 avril 2018 à 17:58 Par Michel Benoît, France Bleu Berry

L'une des premières grandes ventes de l'année, de bois sur pied s'est déroulée à Bourges... et les prix ont continué de s'envoler sur le chêne. La fédération nationale du bois demande à l'état d'agir.

Keskastel, la forêt
Keskastel, la forêt © Radio France - guy wach

Bourges, France

Les prix ont augmenté d'environ 60 % depuis trois ans et le mouvement ne semble pas s'essouffler. La demande est très forte de la part des chinois et aujourd'hui certaines scieries françaises manquent de stocks pour tourner à cause de ces achats chinois. La profession demande donc à l'état d'agir... Selon les lots, les prix ont varié de 150 à plus de 200 euros le m3 de chêne. Edouard Ducerf possède une scierie en Saône et Loire : " Nous, c'est la première fois qu'on achète du bois aussi cher. Nos prix d'achat ont déjà pris 14 % en un an et là il aurait fallu mettre 20 % de plus pour acheter tout ce qu'on voulait acheter. On est vraiment inquiet en ce moment sur la capacité de nos clients à absorber ces hausses tarifaires. Certains risquent d'abandonner le chêne pour se tourner vers d'autres essences. " Il s'agit notamment de bois pour l'ameublement, la parqueterie. 22 % du bois de la vente devrait partir en Chine. 

La vente de lots de bois sur pied organisée à Bourges par la coopérative Unisylva - Radio France
La vente de lots de bois sur pied organisée à Bourges par la coopérative Unisylva © Radio France - Michel Benoit

Michel Beauvois, propriétaire d'une scierie près de Cosne-sur-Loire, y exporte environ 10 % de sa production : " Moi, je suis plutôt sur de la pièce équarrie. C'est à dire un produit qui est passé en scierie chez nous et qui a quatre faces nettes, quatre arêtes vives et ça part en conteneurs vers la Chine. Y'en a peut-être une partie qui revient en France sous forme de parquet ou autres... mais ce que je souhaite beaucoup, c'est que la Chine n'arrive pas à demander des qualités vraiment supérieures qui nous feraient ensuite vraiment défaut." Ces prix élevés garantissent des revenus aux propriétaires de forêts qui pourront replanter, insiste Bertrand Cervois, président de la coopérative Unisylva, organisatrice de cette vente : "Le bois de chêne avait perdu 50 % de sa valeur ces trente dernières années. cette hausse est peut-être trop brutale, mais elle constitue un simple rattrapage des prix et ça permettra de donner de l'air aux propriétaires pour préparer les chênes de demain." Pas de quoi rassurer Samuel Deschaumes, porte-parole de la fédération nationale du bois, il dénonce une manoeuvre malveillante de la Chine : " Les chinois cherchent tout simplement à asphyxier la première industrie du chêne en Europe pour ensuite mieux contrôler le marché mondial. Ces forêts, c'est notre pétrole vert. La filière représente des dizaines de milliers d'emplois qui risquent de disparaître si nos scieries ne peuvent plus s'approvisionner. Il faut que l'état intervienne." La fédération nationale du bois demande donc à l'état d'étendre la label union européenne à l'ensemble de la forêt française : ne pourront alors acheter du bois français, que ceux qui le transformeront en Europe.