Économie – Social

Bouygues et Numéricable, candidats au rachat de SFR

France Bleu jeudi 6 mars 2014 à 8:39

Le campus SFR, siège du groupe, à Saint-Denis
Le campus SFR, siège du groupe, à Saint-Denis © MaxPPP

L'opérateur de télécommunications SFR est à vendre. Et pour ce rachat, deux candidats de taille vont s'affronter : d'un côté, Bouygues, déjà bien installé sur le marché, de l'autre, Numéricable, qui entend ajouter des activités de téléphonie mobile à son portefeuille. Un match qui sera surveillé de près par le gouvernement et l'Autorité de la concurrence.

Il y aura donc deux candidats, pas un de plus, à la reprise de SFR : après la date-butoir annoncée pour le dépôt des offres, mercredi à 20h, le groupe Vivendi, maison-mère de SFR, a dévoilé - sans surprise majeure - le nom des deux candidats : Bouygues et Numéricable

Altice, maison-mère de l'opérateur de câble Numércable, propose une reprise à hauteur de 50% pour 11 milliards d'euros , Vivendi en gardant 32%. Bouygues de son côté propose 14,5 milliards et laisserait à Vivendi "46% du capital du nouvel ensemble ". 

Le gouvernement veut avoir son mot à dire

La transcation concerne exclusivement des acteurs privés, et pourtant, le gouvernement s'est d'ores et déjà immiscé dans le dossier , dès mercredi soir : la porte-parole du gouvernement Najat Vallaud-Belkacem a fait savoir que trois critères orienteront sa position : "l'emploi évidemment, la capacité à investir dans l'outil industriel et la qualité du service fourni aux consommateurs ". 

Arnaud Montebourg, ministre du redressement productif, a de son côté reçu les deux repreneurs potentiels, Bouygues et Numéricable, mais aussi Free et Orange, ces derniers jours. Mais malgré tout, c'est Vivendi qui, en dernier lieu, choisira le repreneur

Vers un paysage de la téléphonie transformé ?

Vivendi n'a toutefois pas totalement les mains libres : sa décision devra être validée par l'Autorité de la Concurrence . Car cette opération va, dans tous les cas, transformer en profondeur le marché de la téléphonie mobile, qui compte pour l'heure quatre opérateurs : Orange, Bouygues, Free et donc SFR.

Dans le cas d'un rachat de SFR par Bouygues , les conséquences en terme d'emploi et de dynamisme devraient être bonnes : Bouygues, ce jeudi matin, s'est engagé à ce qu'il n'y ait "aucun départ contraint ". Mais cela poserait un problème, car le nombre d'opérateurs serait réduit à trois , un frein à la concurrence - et donc à la mise en place d'offres plus avantageuses pour les consommateurs.

L'hypothèse d'un rachat par Numéricable serait donc plus avantageuse du point de vue de la concurrence. La société spécialisée dans la fibre et la télévision payante se diversifierait dans le mobile et l'internet fixe, une source d'investissements donc. Mais Numéricable a un handicap : sa maison-mère est basée au Luxembourg , côtée à Amsterdam, et son patron est Suisse . Un mauvais point pour les pouvoirs publics, qui restent méfiants.