Économie – Social

Brexit : les conditions de vie des Britanniques en Bretagne se détériorent avec la chute de la livre sterling

Par Aurore Jarnoux, France Bleu Breizh Izel vendredi 7 octobre 2016 à 17:22

Janet King et Jacqueline Spence ont du mal à joindre les deux bouts après la chute de la livre.
Janet King et Jacqueline Spence ont du mal à joindre les deux bouts après la chute de la livre. © Radio France - Aurore Jarnoux

La livre sterling continue de s'effondrer. Elle a atteint son plus bas niveau depuis sept ans face à la monnaie européenne. Ce vendredi, un euro valait 89 pence. Et forcément, les Britanniques en souffrent, notamment ceux qui vivent à l'étranger. Exemple en Bretagne.

Jacqueline Spence, la soixantaine, a les traits tirés, la voix grave. Cela fait dix ans qu'elle vit à Saint-Nicolas-du-Pélem dans les Côtes-d'Armor. Mais depuis la chute de la livre sterling, elle a bien du mal à s'en sortir.

Les Britanniques de Bretagne se serrent la ceinture

"C'est difficile de vivre, explique Jacqueline. Je suis psychothérapeute et je n'ai plus beaucoup de clients car mes clients sont Anglais". Et ils ne viennent plus car ils ne peuvent plus payer les séances.

Jacqueline doit se contenter de 800 euros par mois pour vivre. "Je reste donc très souvent dans ma maison", souligne l'Anglaise.

Je ne vais plus au cinéma, je ne vois presque plus mes amis et je mange moins" - Jacqueline Spence

Janet King elle aussi se restreint. Cette veuve de 79 ans habite depuis 27 ans à Laniscat, dans les Côtes-d'Armor. Elle touche une petite retraite anglaise, 600 livres par mois.

"Pour des raisons de santé, j'ai dû prendre ma retraite avant l'âge légal, du coup je ne touche pas beaucoup d'argent, confie Janet. Avec la chute de la livre, ça devient donc très compliqué pour moi."

Je n'invite plus de gens chez moi, je ne sors plus et j'ai baissé la qualité des aliments pour mes animaux et pour moi aussi." - Janet King

Pour Janet, comme pour Jacqueline, la situation ne va pas s'arranger. "Je ne vois pas comment on va s'en sortir", soupire la retraitée. Pour les deux femmes, qui ont voté non au Brexit, la sortie de l'union européenne est "une catastrophe".

Mais quand on leur demande si elles envisagent de quitter la Bretagne pour rentrer en Angleterre, les deux femmes sont unanimes : "Non, pas du tout. On vit très bien en France". Comme elles, près de 15 000 Britanniques résident dans notre région.

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