Économie – Social

Brexit : quelles conséquences pour le vin de Bourgogne ?

Par Lisa Guyenne, France Bleu Bourgogne vendredi 4 août 2017 à 18:24

Domaine d'Irancy
Domaine d'Irancy © Maxppp - Olivier Boitet

Il y a un an, nos voisins Britanniques votaient "pour" la sortie de l'Europe. La machine se met en place. Or, le Royaume-Uni est un gros consommateur de vins de Bourgogne. Faut-il craindre les effets du Brexit ?

Le Royaume-Uni est la deuxième destination d'exports de vins de Bourgogne, après les Etats-Unis et avant le Japon. Et selon Pierre Gernelle, directeur général de la fédération des négociants-éleveurs de Grande Bourgogne, qui représente une centaine d'entreprises, les effets du Brexit se font déjà sentir.

Des conséquences déjà visibles

"Le troisième semestre 2016 a été plutôt bon, mais à partir de décembre, on a vu les ventes commencer à baisser, surtout dans la grande distribution. Cette tendance s'est confirmée sur les quatre premiers mois de 2017."

Est-ce définitif ? Impossible de l'affirmer. "Tout dépend des négociations entre l'UE et la Grande-Bretagne. Mais on peut anticiper une évolution à la baisse de la parité entre la livre sterling et l'euro" : les vins de Bourgogne deviendraient ainsi "plus chers" si le cours de la livre sterling baisse, et les ventes s'en verraient pénalisées. En outre, "la fiscalité déjà très importante pourrait se renforcer", affirme Pierre Germelle.

Pour l'heure, l'incertitude demeure. "Mais il est clair qu'il faudra consacrer beaucoup de temps en termes de communication et marketing pour continuer à séduire les consommateurs."

Et du côté britannique ?

Analyse partagée de l'autre côté de la Manche. Andrew Bennett est directeur 3D Wines, spécialisé dans les vins de Bourgogne. Pour lui, le Brexit a déjà fait des dégâts : "Les prix ont augmenté de 15 à 17% par rapport à l'an dernier, à cause de la baisse de la livre sterling, ce qui a bien sûr un impact négatif sur les ventes."

A plus long terme, c'est la politique de taxes, en suspens pour l'instant, qui l'inquiète : "Si la détaxe est supprimée, nos clients ne pourront plus ramener au Royaume-Uni autant de vin qu'avant."

La solution ? Elle réside là aussi dans des dépenses marketing et une évolution de l'offre : "Nous allons l'enrichir : proposer aux clients de découvrir la région et la culture en Bourgogne... Et cela, on l'espère, pourra compenser les effets négatifs du Brexit."