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Brive : avec la crise, le Samu social renforce ses maraudes

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Par , France Bleu Limousin

Les maraudes sont plus que jamais nécessaires en cette période. Le froid arrive et la crise économique a appauvri de nombreuses personnes. C'est le cas à Brive où le Samu social fait trois maraudes par semaine les lundis, mercredis et vendredis.

Les bénévoles prennent le temps de parler avec les personnes. Un contact humain qui est aussi important que l'aide alimentaire selon Brigitte, bénévole depuis plusieurs années au samu social
Les bénévoles prennent le temps de parler avec les personnes. Un contact humain qui est aussi important que l'aide alimentaire selon Brigitte, bénévole depuis plusieurs années au samu social © Radio France - Philippe Graziani

Le petit camion du Samu social est stationné devant la gare de Brive. Il est 20h, une petite dizaine de personnes attendent leur tour. David échange quelques mots avec Brigitte, l'une des bénévoles, qui lui propose pain, chocolatine et autres. Pas de tasse de café ou de bol de soupe bien chaude en ce moment. A cause de la Covid-19, pour éviter que trop de monde s'agglutine à l'arrière du camion. Alors en ce moment c'est sachet à mettre dans de l'eau chaude chez soi pour tous.

Dix personnes de plus en moyenne

C'est ainsi tous les soirs, trois fois par semaine à Brive, la maraude fait une dizaine de haltes dans toute la ville. "Depuis la crise c'est sûr qu'il y a plus de monde, certifie Alain Curbelier, l'un des responsables du Samu social de Brive. Avant il y avait 20 ou 25 personnes par soir. Maintenant c'est 30 à 35". De plus en plus de jeunes, "il y a des gens qui se retrouvent en grande pauvreté alors qu'ils étaient en intérim. Plus d'intérim, c'est la catastrophe pour eux. Dans le département de la Corrèze il y a 13,3 % de personnes en situation de grande pauvreté. Chez les plus de 75 ans nous sommes au-dessus de la moyenne nationale avec près de 14%" ajoute la préfète de la Corrèze, Salima Saa, venue suivre la maraude. Mais personne ne dort dehors dans le département qui héberge en ce moment dans des hôtels 53 personnes.

Ce qui est important c'est que ça leur laisse un contact humain - Brigitte, bénévole du Samu social

Ce soir-là il y a Dylan, 21 ans, Abdulwahid, 37 ans, tout comme David, et quelques autres. Des parcours cabossés les uns et les autres, et pas d'autres choix que de venir à la maraude. "J'ai 70 euros par semaine. Quand tu as pris ton tabac, quand tu as pris un peu à manger, t'as plus rien" explique David. Mais au-delà de l'aide alimentaire tous avouent venir chercher aussi un peu de chaleur humaine. "Ce qui est important c'est que ça leur laisse un contact humain. Qu'on puisse leur parler, passer un petit moment" souligne Brigitte, qui fait la maraude depuis plusieurs années. Et la Covid-19 n'a rien changé à ça dit-elle. "Vivre dans la rue c'est déjà une dure épreuve. Je ne suis pas sûre que la covid leur en fasse un peu plus".

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