Économie – Social

Budget 2018 : le logement social grand perdant

Par François Sauvestre, France Bleu Picardie mercredi 11 octobre 2017 à 7:00

Illustration : barres d'immeubles de logements sociaux
Illustration : barres d'immeubles de logements sociaux © Maxppp - Isore Vincent

La colère monte dans les rangs des bailleurs sociaux des Hauts-de-France. Au premier jour de l'examen du projet de loi de finances 2018, ils dénoncent des coupes budgétaires démesurées qui mettent en danger le fonctionnement de nombreux offices H.L.M et la construction de nouveaux bâtiments.

C'est l'une des pistes d'économie avancées par le gouvernement pour son projet de loi de finances 2018 : raboter le budget du ministère de la cohésion des territoires. Celui ci pourrait passer de 18,3 à 16,5 milliards d'euros. Une baisse de près de deux milliards d'euros réalisée en grande partie grâce à la diminution des Aides Personnalisées au Logement (A.P.L). La baisse de cinq euros par mois décidée pour les trois dernières mois de cette année 2017 pourrait être suivie d'une nouvelle diminution de 50 à 60 euros pour les locataires de logements H.L.M.

Pour compenser cette baisse, l’État demande aux bailleurs sociaux de diminuer en parallèle les loyers de leurs maisons et appartements d'un même niveau. Une requête qui choque dans les offices. "Les loyers sont notre principale ressource", explique Marie Sophie Chivot directrice générale de l'OPSOM qui gère 6 000 logements sociaux dans le département de la Somme. "Si on nous retire 50 euros par loyer, c'est une baisse de 2,5 millions d'euros de budget par an qui se profile", poursuit-elle.

Chantiers retardés ou annulés

Et les conséquences de cette demande du gouvernement pourraient très vite se faire ressentir. "Les réhabilitations seront très certainement étalées dans le temps, au lieu de se faire sur deux ou trois ans, un chantier se fera sur cinq ou six ans", prévient Marie Sophie Chivot qui s'agace de la différence de traitement entre le parc public de logements et le privé.

Daniel André préside Agissons OPAC à Amiens

Ces bailleurs sociaux assurent qu'ils feront tout pour que les effets soient moindres sur les locataires si ces mesures sont actées. Mais Daniel André, président de Agissons OPAC qui représente ces locataires qui occupent les 14 000 H.L.M de la métropole d'Amiens s'inquiète de conséquences "sur le quotidien". "Si le budget diminue, ce sera autant d'argent en moins pour l'entretien des cages d'escalier, des espaces verts", s'inquiète Daniel André.

Les inquiétudes du Bâtiment

En plus de ces difficultés de chantier de réhabilitation, le secteur du bâtiment craint également des annulations de constructions de logements neufs. "Le logement social représente près de 15% du carnet de commande du BTP de la Somme", explique Nicolas Blangy, le président de la fédération française du bâtiment dans le département. Tous ces acteurs régionaux se sont réunis hier autour d'une même table pour exprimer leurs inquiétudes. Leur objectif c'est aussi de faire pression sur le gouvernement au moment ou débute à l'Assemblée Nationale l'examen de ce projet de loi de finances 2018.