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Économie – Social

Budget de la Sécurité sociale : le gouvernement prévoit des économies dans la santé et des hausses de minima sociaux

jeudi 28 septembre 2017 à 7:40 Par Géraldine Houdayer, France Bleu

Le gouvernement présente, ce jeudi, le budget de la Sécurité sociale pour 2018. Le retour à l'équilibre est repoussé à 2020. Parmi les mesures présentées, la hausse du forfait hospitalier et celle du tabac, mais aussi la revalorisation de certains minima sociaux pour les plus modestes.

La ministre de la Santé et des Solidarités Agnès Buzyn doit présenter le budget 2018 de la Sécurité sociale ce jeudi.
La ministre de la Santé et des Solidarités Agnès Buzyn doit présenter le budget 2018 de la Sécurité sociale ce jeudi. © AFP - Julien Mattia

Le gouvernement présente ce jeudi son projet de budget pour la Sécurité sociale, dont il a repoussé le retour à l'équilibre à 2020. Au programme, la hausse du forfait de séjour à l'hôpital et du prix du tabac, des mesures sur les prix des médicaments, ou encore la revalorisation des minima sociaux. Les ministres de la Santé Agnès Buzyn et des Comptes publics Gérald Darmanin dévoileront le budget à l'issue de la réunion de la Commission des comptes de la Sécurité sociale.

Un "trou" de la Sécu à 4,4 milliards d'euros

En 2017, le déficit cumulé du régime général et du Fonds de solidarité vieillesse (FSV) devrait atteindre 4,4 milliards d'euros conformément aux prévisions, soit une diminution de plus de 3 milliards d'euros en un an, qui le situe loin du record de 2010 (-29,8 milliards d'euros), selon la Commission. Plombé par le chômage, le FSV, qui verse le minimum vieillesse et les cotisations retraites des chômeurs, concentre la quasi-totalité du déficit (-3,6 milliards d'euros) et reste stable par rapport à 2016. Avec trois de ses branches à l'excédent, accidents du travail, retraites et famille - une première depuis dix ans pour cette dernière -, le régime général devient "proche de l'équilibre" à -800 millions, note la Commission des comptes. La diminution de son déficit s'avère cependant deux fois moins importante que ne le prévoyait le budget présenté sous François Hollande, en raison de sa branche maladie qui reste dans le rouge à -3,6 milliards d'euros.

Le développement de l'ambulatoire pour faire des économies

Les efforts du gouvernement vont donc se concentrer sur la santé, avec 4,2 milliards d'euros d'économies prévues en 2018. Il prévoit ainsi de contenir la hausse naturelle des dépenses de santé, liée notamment au vieillissement de la population, aux coûts des innovations thérapeutiques et à l'augmentation des maladies chroniques, à 2,3% pour les trois prochaines années. L'Assurance maladie a déjà prévu d'épargner près de 2 milliards d'euros grâce notamment au développement de l'ambulatoire (moins d'hospitalisations, plus de soins en ville), à des économies sur les transports sanitaires ou à la lutte contre les "fraudes et abus".

Plus de médicaments génériques, un forfait hospitalier en hausse

Les actions sur les prix des médicaments, à travers la promotion des médicaments génériques et biosimilaires ainsi que des négociations avec les industriels, doivent permettre d'économiser un milliard d'euros, selon la ministre. L'hôpital pourra en outre compter sur une revalorisation du forfait hospitalier fixé à 18 euros par jour depuis 2010. La mesure fait déjà grincer des dents les mutuelles prenant en charge ces frais de séjour et les associations de patients. Elles craignent une hausse des tarifs des contrats, qui "punira" en particulier les "plus pauvres". Des efforts seront également demandés aux administrations de la Sécurité sociale qui devront diminuer de 15% leurs frais de fonctionnement sur quatre ans.

Des minima sociaux en hausse pour les plus modestes

Avec presque la moitié de son budget lié à des dépenses sociales, le ministère de la Santé et des Solidarités, dont l'enveloppe a été augmentée de 11%, devra aussi financer les revalorisations progressives des minima sociaux ciblées vers les familles les plus défavorisées (prime d'activité pour les travailleurs à revenus modestes, aide à la garde d'enfants, allocation adulte handicapé ou encore minimum vieillesse).

La hausse des retraites repoussée

Côté retraites, le gouvernement prévoit de reporter d'octobre 2018 à janvier 2019 la revalorisation des pensions. Sans prise en compte de cette mesure, contrairement aux années précédentes, la branche retraite repasserait en déficit (-100 millions) en raison "d'un ressaut des départs en retraite", selon la Commission des comptes, après un excédent prévu à 1,5 milliard en 2017.