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"Ça devient inhumain comme travail" : des personnels de crèches en grève au Mans contre la réforme Taquet

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Par , France Bleu Maine

Un appel national à la grève était lancé ce mardi 30 mars pour les personnels du secteur de la petite enfance. Les professionnels dénoncent la réforme Taquet qui, selon eux, aggraverait encore leurs conditions de travail et d'accueil des enfants.

Deux manifestantes contre la loi Taquet qui réformer les modes d’accueil dans les crèches, le 30 mars au Mans (Sarthe)
Deux manifestantes contre la loi Taquet qui réformer les modes d’accueil dans les crèches, le 30 mars au Mans (Sarthe) © Radio France - Émeline Ferry

Ils étaient une soixantaine rassemblés devant la préfecture de la Sarthe, au Mans, ce mardi 30 mars. Ces personnels de la petite enfance se sont mobilisés pour clamer leur opposition à la réforme des modes d'accueil, porté par Adrien Taquet, secrétaire d'État chargé de la protection de l'enfance. 

Le texte doit entrer en vigueur en septembre et prévoit notamment la réduction du taux d'encadrement (on passerait d'un professionnel pour six bébés, au lieu de cinq bébés qui ne marchent pas ou huit enfants qui marchent). Les manifestants sont également en colère contre la réduction de l'espace par enfant. "Cette réforme, c'est moins de mètres carrés par enfant, moins de personnel qualifié, estime Florence Le Blais, auxiliaire de puériculture à la crèche Novaxis au Mans. Ça va à contre-sens de toutes les valeurs qu'on a eu dans le passé. On a l'impression qu'on fait de la garderie"

On n'est pas Shiva, on ne nous a pas greffé des bras ! On n'en a que deux.

"J'ai un poulailler à la maison et mes poules ont plus d'espace que les enfants, poursuit celle qui exerce ce métier depuis 30 ans. 7m² par poule, et là ils nous disent 5,5m² par enfant, ce n'est pas possible". Elle s'inquiète de devoir s'occuper de davantage d'enfants sans moyens supplémentaires. "On nous demande toujours plus, plus, plus. La réforme prévoit deux adultes pour 12 bébés de moins de 18 mois. Comment voulez-vous qu'on s'occupe des enfants correctement ? On n'est pas Shiva, on ne nous a pas greffé des bras ! On n'en a que deux", ironise l'auxiliaire de puéricultrice sarthoise.

Une soixantaine de manifestants contre la loi Taquet qui réformer les modes d’accueil dans les crèches, le 30 mars au Mans (Sarthe)
Une soixantaine de manifestants contre la loi Taquet qui réformer les modes d’accueil dans les crèches, le 30 mars au Mans (Sarthe) © Radio France - Émeline Ferry

Comme elle, tous les manifestants dénoncent des conditions de travail qui se sont dégradées ces dernières années. Céline, auxiliaire de puériculture à la crèche des Sablons au Mans, raconte son quotidien : "On est arrivé à un niveau où parfois, assises sur un fauteuil, nous berçons sur le pied droit et le pied gauche des transats, donc ça fait déjà deux bébés à bercer parce qu'ils ont besoin de dormir, pendant que nous nourrissons deux autres enfants, et en même temps on doit surveiller le groupe d'enfants, le temps que notre collègue fasse une pause". 

"On est au bout, il y a de plus en plus de personnels qui veulent changer de métier parce que ce n'est plus possible, confie-t-elle, les larmes aux yeux. Ça devient inhumain comme travail, ce n'est plus un plaisir. Ce qui nous fait peur, c'est que ça devienne une corvée. On ne veut pas en arriver là, mais ça prend le chemin. Il y en a ras-le-bol, on est fatigués". Une délégation syndicale a été reçue par la préfecture pour évoquer le sujet. 

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