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Caisse d'Epargne d'Orléans : un cadre licencié pour une plaisanterie à 20 millions d'euros

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Par , France Bleu Orléans, France Bleu

Le Conseil d'Etat vient de confirmer le licenciement prononcé en 2016 par la Caisse d'Epargne Loire-Centre à l'encontre d'un de ses cadres à Orléans : il avait effectué un virement de 20 millions d'euros à une de ses collègues, semble-t-il "pour faire une plaisanterie".

C'est depuis l'agence de la Caisse d'Epargne rue d'Escures à Orléans qu'a été annulé le virement de 20 millions d'euros.
C'est depuis l'agence de la Caisse d'Epargne rue d'Escures à Orléans qu'a été annulé le virement de 20 millions d'euros. © Radio France - François Guéroult

A la Caisse d'Epargne d'Orléans, on ne plaisante pas avec les millions... C'est la morale d'une histoire à peine croyable qui vient de connaître son épilogue judiciaire : dans un arrêt du 10 décembre 2020, le Conseil d'Etat a confirmé le licenciement d'un ancien cadre de la banque à Orléans, par ailleurs délégué syndical Sud Solidaires

Il avait fait un virement de 20 millions d'euros sur le compte d'une de ses collègues : une plaisanterie, semble-t-il, mais qui n'a pas été du goût de la Caisse d'Epargne Loire-Centre. C'est l'agence PressPepper qui a révélé cette information sur le site ActuChartres le 7 janvier dernier.

Opération virtuelle, sanction réelle

Le point de départ de cette affaire remonte au 25 septembre 2014. Mathias, un cadre de la Caisse d'Epargne d'Orléans, embauché 7 ans plus tôt, veut faire une blague à une de ses collègues : il lui vire 20 millions d'euros sur son compte. Selon un autre récit, il aurait en fait commis "une erreur de manipulation". En tout cas, il prévient aussitôt un autre collègue pour annuler l'opération qui ne sera donc restée que virtuelle.

Mais pour la banque, le mal est fait : la Caisse d'Epargne Loire-Centre décide de le licencier. Comme il s'agit d'un salarié protégé, il faut l'autorisation, in fine, du ministère du Travail, qui sera finalement accordée le 19 octobre 2016, et après plusieurs rebondissements. Licenciement qui a été confirmé par le tribunal administratif d'Orléans le 14 janvier 2018  puis par la Cour administrative d'appel de Nantes le 10 mars 2020.

Le dernier recours vient donc d'être rejeté par le Conseil d'Etat. La justice a ainsi estimé que le montant de la transaction effectuée et le statut de cadre de Mathias étaient suffisants pour définir une faute grave, et que cet épisode "a forcément provoqué une perte de confiance" de la part de l'employeur.

Colère du syndicat Sud-Solidaires

Une décision qui suscite la colère et l'incompréhension d'Alain Quesnes, délégué syndical Sud Solidaires à la Caisse d'Epargne Loire Centre. "Cette affaire, dénonce-t-il, n'est que le montage en épingle d'un fait informatique banal dans une banque : l'enregistrement d'une opération non volontaire suivie de son annulation immédiate. Il n'y a eu aucun préjudice pour la banque, tout est resté virtuel !"

Alain Quesnes est d'autant plus amer que "le licenciement, à deux reprises, a été refusé par l'Inspection du Travail, après l'avis défavorable rendu à l'unanimité par les syndicats en comité d'entreprise. C'est le ministère du Travail qui a avancé cette notion de perte de confiance, qui n'a nullement été démontrée." A ses yeux, le licenciement de Mathias a évidemment un lien avec ses mandats syndicaux.

La version du test informatique rejetée par la justice

Un argument qu'a rejeté la justice, qui n'a pas cru non plus à l'autre version présentée par l'ancien cadre pour sa défense  : il a affirmé avoir ainsi voulu "tester la sécurité informatique de la banque" - mais en l'occurrence, ce n'était pas son rôle, rétorquent les juges, et l'opération a de toute façon déclenché 4 alertes au sein de la Caisse d'Epargne.

On peut, en revanche, penser que son passé n'a pas joué en sa faveur, puisqu'il avait déjà été sanctionné auparavant à 2 reprises par la banque, pour avoir accordé un taux préférentiel à un membre de sa famille, et pour une absence non justifiée. De son côté, la direction de la Caisse d'Epargne Loire-Centre se refuse à tout commentaire sur cette affaire.

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