Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie – Social

Cantal : Piganiol fait la pluie et le beau temps à Aurillac

lundi 11 juin 2018 à 19:48 Par Dominique Manent, France Bleu Pays d'Auvergne

Le dernier fabricant de parapluies d'Aurillac s'appelle Piganiol. C'est une entreprise familiale qui a su conserver son savoir-faire ancestral tout en modernisant ses outils et sa production. Chaque année, elle fabrique 45 000 parapluies dont certains sont exportés au Japon.

Dans l'atelier de couture de l'entreprise Piganiol à Aurillac
Dans l'atelier de couture de l'entreprise Piganiol à Aurillac © Radio France - Dominique Manent

Aurillac, Cantal, Auvergne-Rhône-Alpes, France

Il pleut depuis des semaines un peu partout en France, et chez Piganiol, à Aurillac, le patron a le sourire. La météo a des conséquences sur les ventes de parapluies. "Ce qui compte, c'est le nombre de jours de pluie" explique Matthieu Piganiol, directeur général. "Le premier jour de pluie, on oublie le parapluie chez soi. Le deuxième jour, on le prend mais il est abîmé ou moche. Et le troisième, on en achète un neuf". 

La maison Piganiol produit 45 000 parapluies par an. Certains de ces accessoires haut de gamme sont fabriqués à l'ancienne. D'autres bénéficient de technologies très innovantes. Mais quel que soit le modèle, le produit bénéficie d'un savoir-faire qui s'est transmis de génération en génération. La maison est née en 1884. Aujourd'hui, Matthieu Piganiol est la 5e génération et la ville d'Aurillac est toujours la capitale du parapluie.

Le parapluie de berger, produit iconique de Piganiol

C'est un géant, avec un diamètre de près d'1m40, et c'est lui qui a fait la réputation de Piganiol dès la fin du 19e siècle. Une famille entière peut s'y abriter. Certains bergers l'utilisent toujours mais les voituriers des grands hôtels l'apprécient également. Sa particularité : il dispose de 9 baleines en jonc. Or, ces 9 baleines doivent avoir rigoureusement la même force. A l'atelier monture, Bruno est chargé de travailler "les brins", ces joncs qui composeront l'ossature du parapluie. Il est l'un des derniers ouvriers, en France, à effectuer cette tâche très minutieuse. Il a commencé il y a 20 ans et c'est un certain Guitou qui lui a appris à trier les joncs. "Il ne se trompe jamais" souligne Matthieu Piganiol.

Bruno, à l'atelier monture ...il est  le spécialiste du parapluie de berger - Radio France
Bruno, à l'atelier monture ...il est le spécialiste du parapluie de berger © Radio France - Dominique Manent

De la tradition à la modernité : des tissus anti-UV

D'autres parapluies sortent des ateliers aurillacois. Ces "collections", travaillées avec des stylistes, sont des accessoires de mode réalisés dans des matériaux légers comme l'alu ou la fibre de verre. Les tissus sont également innovants : déperlants (pour que l'eau glisse), imperméabilisés à l'intérieur, et même traités anti-UV. "C"est comme la crème solaire, la protection maximale, indice 50". Les japonais sont très demandeurs. "Ils aiment à la fois l'innovation et la "french touch". 

Du haut de gamme au luxe

De grandes maison de couture font appel à l'entreprise cantalienne. Les parapluies aurillacois défilent sur les podiums parisiens, et le monde entier peut les voir. Mais nous n'en saurons pas plus, pour cause d'accords de confidentialité.  C'est une fierté pour tous les salariés, notamment les couturières. Ici, l'atelier couture est à 90 % féminin. "Dans cette spécialité, elles sont bien meilleures que nous, les hommes" précise le patron qui vient de décrocher un contrat avec le magasin Le Bon Marché à Paris. "Le rayon homme ... mais je ne désespère pas de gagner le rayon femme". 

Un atelier couture à 90 % féminin - Radio France
Un atelier couture à 90 % féminin © Radio France - Dominique Manent