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Économie – Social

Carottes de Créances : 1000 emplois menacés après l'interdiction d'un pesticide

mardi 29 janvier 2019 à 17:20 Par Pierre Coquelin, France Bleu Cotentin

Après l'interdiction l'été dernier d'un pesticide utilisé contre la prolifération d'un ver, la filière de la carotte des sables est dans l'impasse. Les producteurs de la côte ouest de la Manche rencontrent le président de région Hervé Morin mercredi en mairie de Créances.

Le président du Fonds national agricole de mutualisation sanitaire et environnemental, Joël Limouzin (au centre), s'est rendu sur place ce mardi
Le président du Fonds national agricole de mutualisation sanitaire et environnemental, Joël Limouzin (au centre), s'est rendu sur place ce mardi © Radio France - Pierre Coquelin

Créances, France

Huit après l'interdiction du dichloropropène, un pesticide utilisé pour éviter la propagation d'un ver des sables, les producteurs de carottes du bassin de Créances se disent toujours dans l'impasse. Ils estiment ne pas avoir de solution de remplacement. A tel point que certains professionnels vont purement et simplement mettre la clé sous la porte. A l'image d'Alexandra Tirel, qui possède une exploitation de cent hectares de carottes et de légumes anciens à Bretteville-sur-Ay : "On a été contraints et forcés d’arrêter pour des raisons économiques. On n’a pas trouvé de solutions supplémentaires suffisantes. C'est un crève-cœur, car c’est une entreprise que mon grand père avait dans les années 50", confie l'agricultrice. 

Aides oubliées

La conséquence directe : 33 équivalents temps plein vont être licenciés à la fin du mois de mai. Une productrice manchoise qui s'estime "impuissante" : "On est frustrés de voir qu’on fait ça pour la santé publique, mais on ne se préoccupe pas de ce qui va arriver de l’extérieur car on ne peut pas arrêter le libre-échange", commente Alexandra. 

Un millier d'emplois est menacé à court terme dans le bassin de Créances - Radio France
Un millier d'emplois est menacé à court terme dans le bassin de Créances © Radio France - Pierre Coquelin

D'autre part, les aides promises par l'Etat se font attendre. "Elles ont été quelque peu oubliées. Maintenant, on nous les promet sous une forme de calamité agricole : il faut justifier 30% de perte pour les obtenir, et attendre la fin de saison. Donc, le temps de monter les dossiers, on aura rien avant 2020. Certains vont plier les gaules d’ici là", note Philippe Jean, vice-président AOP de Jardins de Normandie. "L'Etat doit assumer ses responsabilités sur le sujet et se rendre compte de la spécificité de la carotte des sables, label rouge depuis 1967. Sinon, c'est la carotte allemande ou d'ailleurs qui va venir", constate Joël Limouzin, président du Fonds national agricole de mutualisation sanitaire et environnemental (FMSE). 

Des rendements divisés par trois

La carotte de Créances concerne 80 exploitations. Au total, à court terme, c'est un millier d'emplois qui est menacé dans le bassin, qui s'étend sur près de 70 km entre Surtainville et Lingreville. Du producteur, au conditionnement, sans parler des chauffeurs de poids-lourds et les marchands de matériel. "ça fait 25 ans qu'on travaille sur des produits de substitution, des méthodes alternatives. _En terme de rendements, on était sur une base de 45-50 tonnes produites par hectare ; là, sur tous les essais réalisés, c’est entre dix et quinze tonnes_, et sur un produit qui ne rentrerait pas dans le cahier des charges", confie Philippe Jean.  

40% de carottes des sables en moins ont été produites cette année, mais certaines n'ont rien. Ce que risque de perdre les producteurs, c'est aussi une visibilité. "On risque d’être oubliés, car d’autres régions vont prendre notre place", ajoute le producteur. Le président de la région Normandie, Hervé Morin, doit rencontrer des représentants de la filière ce mercredi après-midi à la mairie de Créances. 

En utilisant des solutions alternatives au dichloropropène, les rendements ont été divisés par trois  - Radio France
En utilisant des solutions alternatives au dichloropropène, les rendements ont été divisés par trois © Radio France - Pierre Coquelin