Économie – Social

Ce qu’il faut retenir de la troisième journée de mobilisation contre la Loi Travail

Par Julien Baldacchino, France Bleu jeudi 31 mars 2016 à 17:51 Mis à jour le jeudi 31 mars 2016 à 20:14

Environ 25.000 personnes ont défilé à Toulouse jeudi
Environ 25.000 personnes ont défilé à Toulouse jeudi © Maxppp -

Pour la troisième fois depuis début mars, salariés et étudiants ont manifesté ce jeudi contre le projet de loi Travail. Entre 390.000 et 1,2 million de personnes ont défilé dans plusieurs villes de France. Des heurts ont éclaté et une trentaine de personnes ont été arrêtées.

Une nouvelle fois ce mois-ci , plusieurs centaines de milliers de personnes ont défilé ce jeudi contre le projet de loi Travail porté par la ministre Myriam El Khomri. Selon un décompte effectué par la police, 3**90.000 manifestants ont été recensés dans une cinquantaine de villes**. À Paris, les manifestants étaient entre 26.000 et 28.000 selon la police. Selon les syndicats organisateurs, il y avait 1,2 million de manifestants sur toute la France.

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A Toulouse par exemple, quelque 25.000 personnes ont manifesté en fin de matinée. Ils étaient 7.000 au Havre et à Caen, et environ 5.000 à Chambéry. Dans plusieurs villes toutefois, des débordements ont été constatés : à Paris, en fin de matinée, des jeunes ont lancé des projectiles sur des policiers, une dizaine de manifestants ont été interpellés. Le cortège qui a ensuite défilé à 13h30 de la place de la Nation s’est déroulé "sans heurts".

Une trentaine de personnes interpellées

A Rennes et Grenoble aussi des échauffourées ont eu lieu ; à Nantes, la police a fait usage des canons à eau, et trois représentants des forces de l’ordre ont été blessés. A Toulouse, un groupe de 400 à 500 personnes encagoulées ont refusé de se disperser et ont lancé des projectiles sur les forces de l’ordre : huit d’entre elles ont été interpellées. Et à Marseille, trois policiers ont été blessés et deux manifestants arrêtés. Au total une trentaine de personnes ont été interpellées.

A l’appel des grands syndicats de salariés (CGT, FSU, FO) et d’étudiants (Unef), la mobilisation a été suivie par des salariés de la fonction publique, d’EDF, des médias, mais surtout des transports et des lycéens et étudiants. Dans les transports, les conditions de trafic ont été conformes aux prévisions avec 24,2% de grévistes et environ un TER sur deux, ainsi que des perturbations en région parisienne sur les RER A et B. Et quelque 176 lycées ont été bloqués dans toute la France.

A Paris également, deux ballets de l’Opéra Bastille et du Palais Garnier ont été annulés en raison de la grève. La Tour Eiffel et le Château de Versailles ont été fermés toute la journée.

Nouvelles journées de mobilisation en avril

"Loi travail, t’es foutue, la jeunesse est dans la rue", ont crié les opposants à la loi Travail dans les rues ce mercredi. Pour les syndicats à l’initiative de la mobilisation, le texte, malgré les modifications apportées ces dernières semaines par le gouvernement, "reste toxique pour les salariés". "La gauche au pouvoir ne peut pas porter une réforme du droit du travail qui revient sur la réduction du temps de travail, facilite les licenciements et considère que le droit du travail est un frein à l’emploi", a déclaré le président du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) Benjamin Lucas.

Pour les membres du gouvernement, pas question de revenir sur ce texte, que Manuel Valls a qualifiée mercredi de réforme "intelligente, audacieuse et nécessaire". Les syndicats organisateurs de la journée de mobilisation prévoient d’ores et déjà deux nouvelles journées de mobilisation, les 5 et 9 avril. Le patronat, quant à lui, demande un retour à la première version du projet de loi.