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Plan de restructuration chez Air France : "C'est une hérésie de fermer les bases province" dit un syndicaliste

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Par , France Bleu Occitanie, France Bleu

Trois bases d'Air France sont menacées par un plan de restructuration, dont celle de Toulouse où près de 130 salariés pourraient être obligés de partir à Paris.

Air France à Blagnac (illustration).
Air France à Blagnac (illustration). © Radio France - jean-marc perez

Au total, ce sont plus de 300 hôtesses et stewards qui sont menacés par la fermeture des bases d'Air France, à Toulouse, Marseille et Nice. Sur le site toulousain, cela représente 124 salariés qui devraient quitter la région pour partir travailler à Paris. C'est une décision prise "dans le cadre de la restructuration de son réseau domestique" selon la direction. Stéphane Pasqualini, délégué syndical Force Ouvrière chez Air France et porte-parole du collectif SOS Base Province, réagit à cette mauvaise nouvelle sur le front de l'emploi.

Dans un premier temps, ce sont donc les hôtesses et stewards qui seraient concernés par ces départs sur Paris. D'autres personnels pourraient être concernés plus tard ? 

Oui, tout à fait. On ne parle que de la partie visible de l'iceberg. Après, la direction d'Air France s'attaquera aux personnels des comptoirs, des escales, des agences de la piste, bagagistes, etc. Comme cela s'est passé à Toulon d'ailleurs, à Montpellier et peut-être Bordeaux bientôt. 

Ce sont donc des salariés qu'on a basés en province, il y a dix ans pour faire des économies ? 

Oui, on avait répondu à un appel de la direction pour justement être partenaire et aider la direction à faire des économies. Le fait qu'il y ait des personnels basés en province, ca fait économiser des nuits d'hôtel et des locations de voitures lors de nos escales. C'était gagnant-gagnant. Cela nous permettait de vivre à côté de chez nous et l'entreprise a beaucoup économisé. 

C'était la stratégie d'Air France pour concurrencer les compagnies low cost. On peut résumer ça comme ça?

Oui, tout à fait En plus, nous, les personnels provinciaux, on a accepté en plus, en revenant sur les bases province, des conditions de travail dégradées. On a accepté des cadences de vols supérieures, des rythmes beaucoup plus soutenus et des conditions de salaires inférieurs à nos collègues parisiens. 

Est-ce que ces salariés vont être obligés d'aller vivre à Paris?

Oui. On est tous concernés. Ca pose de vrais problèmes familiaux puisqu'on est installé en région depuis dix ans. Il faudrait qu'on fasse les aller-retours. Mais il y a dans les familles des gardes alternées, des familles monoparentales, des parents âgés. Ça pose énormément de problèmes humains et l'entreprise n'a pas l'air de s'en soucier. Ils ont pris cinq minutes pour nous dire ça et ils ne sont même pas venus nous rencontrer. C'était un peu dur parce que on a quand même été de bons et loyaux soldats. 

Quel serait le compromis?

Moi, je pense déjà que c'est une hérésie de fermer les bases province puisqu'on est quand même déjà concurrentiel par rapport au low-cost. Il y a énormément de destinations à desservir au départ de nos régions. Malheureusement, Air France est passé à côté de la fenêtre de tir puisqu'on a tellement de possibilités sur le bassin méditerranéen, sur le Moyen-Orient, sur l'Afrique et même l'Amérique du Sud.

Air France a perdu plus de 7 milliards d'euros l'an dernier avec la crise sanitaire. Ça parait logique que des décisions soient prise pour faire des économies?

Alors ça, on l'entend tous parfaitement. D'autant plus que l'on a été en première ligne lors de la crise du Covid. On a été les premiers à rapatrier nos concitoyens et à les ramener en urgence. Mais nous, ce que nous ne comprenons pas, c'est que l'État a donné une APLD - activité partielle de longue durée - à Air France pour l'aider à maintenir l'emploi et l'entreprise à niveau. Il y a des investissements dans des Boeing 737 pour équiper la flotte Transavia. On voit qu'il y a des constructions de hangars à Orly pour réparer des moteurs d'avions à 35 millions d'euros. Et donc, on a l'impression que l'argent qui est donné pour maintenir les emplois et l'entreprise à flot, permet d'investir dans l'avenir mais sans nous

Une action est prévue à Toulouse? 

On y pense. J'attends le feu vert de mes camarades toulousains. Pourquoi pas un happening. Nos passagers nous ont témoignés leur amitié et leur soutien ces derniers jours. C'était très touchant. 

Stéphane Pasqualini, délégué syndical FO et Porte-parole du collectif SOS Base Province.

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