Économie – Social

Journée de mobilisation pour ces retraités alsaciens qui peinent à payer les factures...

Par Olivia Cohen, France Bleu Alsace et France Bleu Elsass mercredi 28 septembre 2016 à 21:09

Une fois payées les factures et le loyer, il ne reste pas toujours assez d'argent pour acheter de la nourriture.
Une fois payées les factures et le loyer, il ne reste pas toujours assez d'argent pour acheter de la nourriture. © Radio France - Olivia Cohen

Ce jeudi, neuf syndicats appellent à une journée de mobilisation pour exiger la revalorisation des retraites et pensions dès le 1er octobre 2016. L'Alsace compte 346.062 retraités : parmi eux, certains parviennent péniblement à honorer toutes les factures, au détriment souvent de la nourriture...

Les retraités dans la rue ! Neuf syndicats appellent à une journée nationale de mobilisation pour exiger la revalorisation des retraites et pensions, dès le 1er octobre 2016. En Alsace, le rassemblement a lieu à 10h ce jeudi, place Kléber, à Strasbourg. L'Alsace compte 346.062 retraités et certains peinent à finir le mois : ils touchent le minimum vieillesse, environ 500 euros, mais même pour les retraites pleines, certains atteignent péniblement les 1.000 euros.

Parmi eux, Tammy Ben Amou, un ancien ouvrier qui a démarré à l'usine à l'âge de 15 ans, est tout juste à la retraite et l'avenir s'annonce bien sombre : il ne connaît pas encore le montant de sa pension qui ne sera pas florissante, car il lui manque des trimestres. Pour l'instant, il vit sur la pension d'invalidité de sa femme qui s'élève à 1.100 euros.

La première dépense pour Tammy Ben Amou, c'est le loyer. Viennent ensuite les obligatoires : l'électricité, la box pour la télé, le téléphone et internet, la mutuelle qui coûte 75 euros par mois mais qui est nécessaire car Tammy est diabétique. La nourriture dans le frigo reste la seule variable d'ajustement. Souvent à la fin du mois, il ne reste plus assez pour faire les courses :

On a des oeufs, des pâtes, des légumes surgelés, de la viande en promo du boucher halal... Rien d'extraordinaire, le strict minimum ! Le budget moyen pour les courses est de 150-200 euros, mais certains mois, on ne peut même pas se le permettre...

"Parfois, on n'a plus assez d'argent pour acheter à manger"

Pour vivre correctement, il faudrait qu'il obtienne 1.000 euros de retraite, somme qu'il ne touchera pas car il est resté trop longtemps au chômage : "Mon usine a fermé, victime de la crise ! On vit une époque grise..." Pourtant, prendre un petit boulot pour compléter, Tammy n'en a plus la force : son métier d'ouvrier sidérurgiste l'a usé.

Parmi les revendications phares, les syndicats réclament une pension au moins égale au SMIC pour une retraite complète. Pour Serge Bloch, coordinateur de l'intersyndicale des retraités du Bas-Rhin, le coût de la vie augmente d'année en année, mais pas les retraites et c'est là tout le problème :

Il n'y a eu aucune revalorisation des pensions depuis le 1er avril 2013, il y a tout juste eu des enfumages, à savoir une augmentation de 0,1% au 1er octobre 2015... C'est-à-dire le prix d'une baguette par mois : C'est indécent !

Portrait d'un retraité qui galère - Par Olivia Cohen