Économie – Social

Chantier naval STX : le gouvernement souhaite "peser dans le choix du repreneur"

Par Typhaine Morin, France Bleu Loire Océan et France Bleu lundi 10 octobre 2016 à 14:52 Mis à jour le lundi 10 octobre 2016 à 17:44

Le gouvernement ne souhaite pas prendre le contrôle du chantier naval de Saint-Nazaire
Le gouvernement ne souhaite pas prendre le contrôle du chantier naval de Saint-Nazaire © Radio France - Typhaine Morin

Le gouvernement n'envisage pas de prendre le contrôle du chantier naval de Saint-Nazaire, qui appartient à STX France, mis en vente par son propriétaire sud-coréen au début du mois de septembre. Le secrétaire d'Etat à l'Industrie indique ce lundi vouloir "peser dans le choix du repreneur".

C'était une hypothèse avancée ce lundi matin par le journal Libération : l'Etat deviendrait l'actionnaire majoritaire du chantier naval STX de Saint-Nazaire, après sa mise en vente au début du mois de septembre par son propriétaire, le sud-coréen STX Offshore and Shipuilding. Cette théorie a été démentie ce lundi par le secrétaire d'Etat à l'Industrie, Christophe Sirugue. "L'objectif du gouvernement n'est pas de devenir actionnaire majoritaire de la société STX France mais il est de peser dans le choix du repreneur pour que les chantiers de Saint-Nazaire puissent disposer d'un actionnariat industriel solide capable d'accompagner leur développement sur le long terme", a indiqué M. Sirugue dans un communiqué.

Mais le secrétaire d'Etat à l'Industrie ne s'interdit rien. "L'Etat assumera ses responsabilités, a précisé Christophe Sirugue. Nous ne sommes pas encore dans une décision qui consisterait à dire qu'il faut absolument monter au capital. Ce n'est en tout cas pas l'option sur laquelle on est, même si on ne s'interdit rien le cas échéant. Si à un moment on sent que ce passage-là est obligatoire, nous l'assumerons. Mais ce n'est pas l'objectif sur lequel nous sommes."

Minorité de blocage

L'Etat détient aujourd'hui un tiers du capital de STX France, et bénéficie ainsi "du levier de sa minorité de blocage" pour peser dans le choix du futur actionnaire principal et de pouvoir "anticiper les décisions qui seront prises par le tribunal de commerce de Séoul et le groupe STX au terme du processus de vente".

A la longue, [l'Etat] pourrait se retrouver dans l'obligation de surenchérir" - Nathalie Durand-Prinborgne, déléguée FO

Mais "la minorité de blocage ne suffit pas, explique Nathalie Durand-Prinborgne, secrétaire du syndicat Force ouvrière (FO) au chantier STX. Si par hasard, une offre alléchante arrivait chez STX Corée, l'Etat ne pourra pas refuser toutes les propositions faites par d'hypothétiques acquéreurs. A la longue, [l'Etat] pourrait se retrouver dans l'obligation de surenchérir". Cette minorité de blocage "n'est pas la solution pour sauvegarder l'emploi et l'entreprise de Saint-Nazaire". Force ouvrière a rendez-vous ce mardi à 16h30 au ministère de l'Economie pour parler de l'avenir du chantier STX.

Le chantier naval de Saint-Nazaire a aujourd'hui un plan de charge jusqu’en 2026 ainsi que 37 millions d’heures de travail, soit l’équivalent de 3.000 emplois à temps plein.

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