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Économie – Social DOSSIER : L'actu de la mer

Chantiers navals de Saint-Nazaire : le gouvernement brandit la menace de la nationalisation

mercredi 26 juillet 2017 à 12:09 - Mis à jour le jeudi 27 juillet 2017 à 9:45 Par Boris Hallier, France Bleu Loire Océan et France Bleu

Après le refus de Rome d'un partage à 50-50 des chantiers navals STX, Bruno Le Maire assure que l'État français est prêt à prendre le contrôle. Le ministre de l'Économie met donc la pression sur le groupe Fincantieri, le seul candidat à la reprise des chantiers de Saint-Nazaire.

Le paquebot "jumeau" de l'Harmony of the Seas en construction aux chantiers navals STX de Saint-Nazaire.
Le paquebot "jumeau" de l'Harmony of the Seas en construction aux chantiers navals STX de Saint-Nazaire. © Maxppp - Jean-Michel NIESTER

Saint-Nazaire, France

Le 31 mai dernier, Emmanuel Macron avait prévenu : l'accord d'actionnariat préparé par le précédent gouvernement avec le groupe Fincantieri devrait être "revu".

Cet accord prévoit que le constructeur italien reprenne 48% du capital des chantiers, épaulé par une fondation italienne à hauteur d'environ 7%. Côté français, l'Etat devait conserver un tiers du capital et un droit de veto. Mais les syndicats et les élus locaux estiment que Fincantieri serait de facto majoritaire en raison de ses liens avec l'autre actionnaire italien.

Cet équilibre "ne nous satisfaisait pas parce qu'il ne maintient pas la possibilité pour les actionnaires français de garder la main sur l'emploi, sur les compétences et sur le développement du territoire", explique Bruno Le Maire, qui craint une perte de souveraineté sur les chantiers.

Rome veut garder la majorité au capital

Le nouveau gouvernement propose donc un partage à 50-50 entre Fincantieri et les actionnaires français, avec en contrepartie une coopération accrue dans le domaine militaire.

Ce mercredi, Rome a opposé une fin de non recevoir. Une source proche du ministère italien des Finances assure que l'accord doit prévoir que "Fincantieri ait la majorité du capital, même de peu, comme par exemple 51%, et le contrôle du conseil d'administration afin d'assurer une gouvernance adéquate". "Le gouvernement français a changé les cartes. Il y avait un accord qui a été signé", ajoute cette source.

La France prête à nationaliser les chantiers

La réponse de Bruno Le Maire ne s'est pas faite attendre. "Si jamais nos amis italiens refusent la proposition honnête qui leur est faite, l'Etat exercera son droit de préemption", en rachetant "les parts" que Fincantieri devait acquérir, a expliqué le ministre de l'Économie.

Autrement dit, l'État prendrait le contrôle des chantiers navals pour éventuellement prendre le temps de négocier un nouvel accord. Selon le ministre, "les Italiens ont jusqu'à jeudi pour se décider sur le sujet."

Le ministre italien du Développement économique monte au créneau

L'ultimatum de Bruno Le Maire a fait réagir vivement son homologue italien, Carlo Calenda. "Sur STX, nous sommes clairs depuis le début. Le précédent gouvernement français a demandé à Fincantieri de s'intéresser (au dossier) et le groupe l'a fait avec un projet industriel solide qui a des conditions fondamentales", a expliqué le ministre du Développement économique.

"L'Italie n'a aucune intention d'aller de l'avant si ces conditions ne sont pas là", a-t-il ajouté.

Le porte-parole du gouvernement calme le jeu

Christophe Castaner a tenté d'apaiser les discussions ce jeudi. Le porte-parole du gouvernement a expliqué que l'objectif de la France "n'est pas de nationaliser STX, parce que les partenaires Italiens sont des partenaires majeurs".

"On est dans une forme de négociation avec les partenaires italiens, on veut réaffirmer la place de la France (...) dans STX, dans ce grand chantier naval qui est majeur pour notre économie nationale", a-t-il souligné.