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Dossier : Coronavirus Covid-19

Coronavirus - "Chaque matin c'est un réveil cauchemardesque" : les restaurateurs à la dérive

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Par , France Bleu Occitanie

De 30 à 40% des restaurants et cafés pourraient faire banqueroute en Occitanie selon l'UMIH. Entre des aides qui n'arrivent pas, des charges qu'il faut continuer de payer, et un retour à l'activité incertain, les restaurateurs subissent de plein fouet la crise liée au Covid-19.

Les restaurants sont fermés en France (illustration)
Les restaurants sont fermés en France (illustration) © Radio France - Noémie Guillotin

"Heureusement, j'habite à la campagne, je me défoule avec des travaux d'extérieur, dans mon jardin". Hubert de Faletans, jeune quinqagénaire, passe ses journées entre son domicile et son restaurant, les deux en banlieue de Toulouse, pour effectuer des travaux. Le soir, il est éreinté, mais il ne trouve pas le sommeil. "Je me réveille en sueur, le coeur qui bat fort, à chaque fois c'est un cauchemar", explique-t-il. Dans sa tête tournent en boucle les mêmes problèmes que connaissent des milliers d'autres restaurateurs, en Occitanie et en France : incertitude du lendemain, peur de la banqueroute. La crise du coronavirus risque d'être fatale à "30 à 40% d'entre eux, si rien n'est fait", alarme Philippe Belot, vice-président de l'UMIH 31 et responsable de la cellule de crise COVID-19 auprès du président régional.

10.000 euros de dettes par mois

En terme de trésorerie, le problème est simple. Pour la grande majorité des restaurateurs, la colonne "revenus" affiche zéro. Certains, une minorité, ont choisi la vente à emporter pour gratter quelques euros ici et là. De l'autre côté, la colonne "dépenses" n'est pas à zéro. Il faut payer les charges, notamment locatives. Mais il faut aussi compter les 'petites' charges, télévision, internet, taxes sur les déchets (qui n'existent plus), les terrasses, même les transports pour les restaurants à l'intérieur de Toulouse. "En un mois un petit restaurant s'endette de 10.000 euros", décrit Philippe Belot.

Hubert de Faletans indique que son restaurant de Blagnac perd entre six et huit mille euros par mois. Une perte à cumuler avec celle d'un lieu de réception, pas loin de là, géré par son épouse. "On va mettre des années à s'en sortir, s'il n'y a pas d'exonération jusqu'à la fin de l'année au niveau des charges, on va dans le mur". Indépendant, il risque évidemment tout, "je ne veux pas dire à ma fille, en Master 2, de retourner à la fac' et de quitter son école (plus chère) à la rentrée".

Les aides se font attendre

L'UMIH parle d'un potentiel désastre économique et chiffre en centaines de milliers le nombre d'entreprises qui pourraient fermer à cause de la crise liée au Covid-19. Le gouvernement a, pour le moment, mis en place une aide aux indépendants, à hauteur de 1.500 euros (il faut respecter plusieurs conditions, moins de 50% des restaurateurs y ont droit). Il a mis en place des PGE, prêts garantis par l'Etat, sans remboursement obligatoire la première année, avec ensuite des échéances sur une période de un à cinq ans.

"Ça nous permet de subsister pendant la crise, mais il faudra le rendre cet argent, il faudra rembourser", pondère Olivier Dupuy, restaurateur à Toulouse. Lui perd 30 à 40 mille euros par mois, avait "heureusement" un peu de trésorerie d'avance et a pu limiter les emprunts jusqu'à présent. Fin avril, il est à sec. Il estime qu'il va accumuler des dettes pour deux ou trois ans, "au mieux"

Incertitudes sur les semaines à venir

Sauf qu'il faut payer les employés : le chômage partiel mis en place par l'Etat - "une bonne chose qui nous soulage par rapport à nos équipes", disent les restaurateurs - n'est que remboursé, il faut d'abord le verser au salarié puis attendre le virement de l'Etat. Qui n'a toujours pas été effectué en ce qui concerne les salaires de la deuxième quinzaine de mars. "On va devoir payer ces salaires, avec notre budget, certains d'entre nous ne peuvent pas le faire", ajoute Olivier Dupuy, il aurait préféré une autre méthode, ne pas avancer l'argent, afin de ne pas mettre en péril les trésoreries.

Au-delà de ces échéances, de la survie à court terme, il y a celle à moyen terme. "On ne va pas accueillir des gens avec des blouses, des masques, on n'est pas dans un bloc opératoire", dit Hubert de Faletans, qui craint évidemment une longue période de transition avant de retrouver une activité "normale". Olivier Dupuy est plus catégorique : il ne rouvrira pas tant qu'il ne peut pas le faire à 100% : "mon restaurant est petit, sur plusieurs étages, si j'ouvre ce n'est que pour faire 30-40% du chiffre habituel, je risque de perdre encore plus d'argent"

Les revendications de l'UMIH

Ce vendredi matin, les responsables de la filière dans le secteur et certains grands chefs comme Michel Sarran ont une vidéoconférence avec Emmanuel Macron. L'UMIH (Union des Métiers et des Industries de l'Hôtellerie) réclame :

  • La participation des assureurs pour compenser une partie (entre 3 et 5 milliards) de la perte d'exploitation (plus de 50 millards d'euros)
  • Des aides aux indépendants (1500 euros) plus fortes : par individu et non par établissement
  • L'annulation et non pas le report des charges et des taxes, jusqu'à fin 2020
  • La poursuite des aides après la réouverture, pour compenser le travail en mode "dégradé"
  • Des exonérations de charges et taxes jusqu'en septembre 2021 pour les saisonniers, dont la saison est "foutue"
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