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Économie – Social

Charente-Maritime: le paysan bio Benoît Biteau a (enfin) touché des aides européennes

mardi 28 août 2018 à 16:51 Par Julien Fleury, France Bleu La Rochelle

Benoît Biteau avait lancé l'alerte fin juillet : sa ferme de Sablonceaux risquait la faillite, faute de versement des aides à la bio auxquelles il a droit. Un passif de 70.000 euros accumulé depuis trois ans, en partie réglé la semaine dernière. L'agriculteur a touché 43.000 euros.

Benoît Biteau en 2016 lors de l'installation du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine à Bordeaux, où il est également élu radical.
Benoît Biteau en 2016 lors de l'installation du conseil régional de Nouvelle-Aquitaine à Bordeaux, où il est également élu radical. © Maxppp - Laurent Theillet

Sablonceaux, France

Il menaçait de mettre la clé sous la porte au 31 août, s'il ne touchait pas les aides européennes auxquelles il a droit. Mais la mobilisation au cœur de cet été de Benoît Biteau, relayée sur les réseaux sociaux et sur de nombreux médias, a fini par payer. Le paysan bio de Sablonceaux (Charente-Maritime) a reçu la semaine dernière une partie des aides à la bio qu'il doit toucher au titre de la PAC (politique agricole commune), mais que l'Etat tardait à lui verser.

Sur 70.000 euros de retards de paiement, Benoît Biteau a reçu 43.000 euros au titre des années 2015 et 2016. Et même s'il n'a toujours rien touché pour 2017, celui qui se définit comme un "paysan résistant", peut désormais aborder l'avenir avec plus de sérénité.

La cagnotte solidaire a rapporté 32.000 euros

Fin juillet, la situation financière de sa ferme était critique. Étranglé par les frais financiers, Benoît Biteau risquait de ne plus pouvoir contracter ces crédits de trésorerie qui lui avaient permis jusque-là d'attendre le versement des aides. Un appel entendu par près de 2.000 internautes, qui ont participé à la cagnotte solidaire lancée par l'agriculteur, et qui lui a rapporté 32.000 euros. Soit l'équivalent des intérêts bancaires acquittés par son exploitation depuis 2011.

"S'ils comptaient sur les aides pour me faire taire, ils ont perdu" prévient pourtant Benoît Biteau. Car sur les 25.000 agriculteurs bio concernés par ces retards, nombreux sont ceux qui attendent toujours des versements.  L'Etat met en avant un problème de logiciel, "argument fallacieux", selon Benoît Biteau, dans un pays comme la France. "En vérité on a un sabotage en règle du développement de ce modèle agricole" biologique, dénonce Benoît Biteau qui dénonce les lobbies de la chimie et du productivisme autour du ministère de l'Agriculture.

Menace sur les aides au maintien dans la bio

"Nous sommes heureux pour Benoît Biteau" assure Carole Ballu, présidente de la MAB 16 (maison de l'agriculture de la Charente) qui réunit les paysans bio charentais. "Mais nous sommes surtout inquiets pour la suite". Car l'Etat a décidé de ne plus participer cette année au financement des aides au maintien de l'agriculture biologique. Or cette participation représentait 25% du total. En Nouvelle-Aquitaine, la Région a promis de se substituer à l'Etat, mais pas sûr que l'enveloppe régionale soit du même niveau.