Économie – Social

Chatellerault sur le podium des communes les plus touchées par la fermeture de ses boutiques en centre-ville

Par Mélanie Barbotin, France Bleu Poitou vendredi 21 octobre 2016 à 8:10

Les enseignes ferment les unes après les autres dans le centre-ville de Chatellerault.
Les enseignes ferment les unes après les autres dans le centre-ville de Chatellerault. © Radio France

Des commerces qui ferment les uns après les autres, des vitrines qui restent vides. Chatellerault, commune de 30 000 habitants, est la deuxième ville la plus touchée en France par ce phénomène, derrière Béziers, selon une enquête commandée par le ministère du commerce et de l'artisanat.

Dans les rues piétonnes, les boutiques vides sont nombreuses. Des affiches "A Louer" sont collées sur les vitres salies par le temps. Trois grandes enseignes ont quitté le centre-ville au mois de juin, d'autres fermeront en janvier. Ceux qui restent, comme Maxime, cordonnier depuis vingt ans dans le même magasin, assistent impuissants à la désertification du centre. "Le problème c'est le développement des grandes zones commerciales à l'extérieur de la ville", pense l'homme proche de la retraite.

Lui, se refuse à quitter les lieux même s'il comprend ses voisins. Pascal, vendeur de café torréfié, lui, y pense tous les trois ans, à chaque renouvellement de baille. "On se donne beaucoup, mais c'est vrai qu'on ne voit pas toujours le résultat", confie-t-il. Les loyers et charges restent élevés surtout en centre-ville, où les propriétaires, pas toujours du coin, refusent de baisser les prix.

Des boutiques éphémères remplacent les magasins

Alors pour rentabiliser au mieux sa boutique, Anaïs et huit autres créateurs louent ensemble une boutique éphémère. Ils divisent ainsi le coût du loyer et ne travaillent que de mai à décembre, pendant la meilleure période de l'année. Après les fêtes de fin d'année ils fermeront à leur tour et le local sera de nouveau vide.

Nous sommes les survivants

Mais toutes ces devantures closes font fuir peu à peu les clients. Un cercle vicieux s'est mis en place et reste difficile à briser. Pourtant les derniers commerçants y croient. "Nous sommes les survivants" en rit une vendeuse de chaussures. "La rue n'est pas morte !" s'exclame la bouchère. Depuis quelques années les commerçants se serrent les coudes. Ils ont par exemple mis en place une carte de fidélité valable pour toutes les boutiques adhérentes.

Une taxe pour les locaux vides dès janvier

De son côté la mairie a fait des efforts sur les tarifs des parkings du centre-ville. La première heure est désormais gratuite. Mais cela n'est pas suffisant pour l'adjointe au commerce Béatrice Roussenque, elle veut instaurer une taxe sur les locaux vides à partir de janvier. "Cette taxe incitera les propriétaires à baisser les loyers et à tout faire pour trouver des repreneurs". En attendant, la municipalité propose de combler les vitrines vides avec des œuvres d'art de l'artothèque de la ville.

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