Économie – Social

Chenôve : un nouveau magasin mise sur les produits du terroir bourguignon

Par Arnaud Racapé, France Bleu Bourgogne mercredi 21 octobre 2015 à 17:17

A chaque produit correspond une histoire et un producteur
A chaque produit correspond une histoire et un producteur © Radio France - Arnaud Racapé

Vous l'avez peut-être aperçue en allant faire vos courses à Chenôve. Une toute nouvelle enseigne a vu le jour la semaine dernière le long de la route de Beaune. Couleurs beige et vert, le supermarché "Frais d'ici" propose comme son nom l'indique des produits frais, et à 70% issus de Bourgogne.

Le concept est issu d'un partenariat entre le groupe agricole InVivo et les coopératives Bourgogne du Sud et Dijon Céréales, actionnaires du projet. Après un premier magasin pilote installé à Toulouse, la marque s'installe donc en Bourgogne, et s'appuie sur une gamme de produits presque exclusivement régionaux.

L'enseigne assure une traçabilité de tous ses produits - Radio France
L'enseigne assure une traçabilité de tous ses produits © Radio France - Arnaud Racapé

Des fruits et légumes de Saône-et-Loire à la viande de porc 100% Côte-d'Or en passant par le fromage comtois et le vin, les allées du magasin fleurent bon le terroir bourguignon. 70% de produits locaux, et pour chacun d'entre eux, une photo et une description de son producteur, un lien avec le client devenu indispensable selon Pierre Guez, le directeur général de la coopérative Dijon Céréales. "Les consommateurs s'étaient éloignés peu à peu de l'acte de production, les producteurs se sentaient déconsidérés, traités de pollueurs. Et par cette méthode-là je pense qu'on va trouver un consensus pour remettre tout le monde autour de la table.. c'est le cas de le dire !"

Visibilité, et stabilité économique pour les producteurs

150 producteurs bourguignons sont représentés sur les étales. Ils vendent ici leurs produits un peu plus cher qu'en grande surface, et s'offrent une belle vitrine au passage comme l'explique l'agricultrice Armelle Dubois, dont les belles pommes de terres inondent le 'coin légumes' : "ça me fait connaître par rapport à mon produit, et mon prix je le fixe par rapport à un coût de revient. C'est-à-dire que je souhaite avoir une marge supplémentaire ce qui est logique, mais avoir quelque chose de relativement stable, contrairement aux prix très fluctuant du marché."

Une équipe de 14 personnes vous accueille et vous conseille - Radio France
Une équipe de 14 personnes vous accueille et vous conseille © Radio France - Arnaud Racapé

Proximité, traçabilité, partage des valeurs d'une agriculture raisonnée, etc. "Frais d'ici" mise aussi sur la notion de 'prix juste', détaille le directeur général d'InVivo grand public Jean-Pierre Dassieu : "le prix juste c'est le prix qui nous permet d'établir une relation pérenne, sur plusieurs années, avec le producteur, on lui garantit du temps, on lui garantit une qualité d'approvisionnement, ce qui lui permet de s'organiser par rapport au temps que lui-même doit gérer."

Des producteurs de qualité, il ne faut pas imaginer qu'il y en a des milliers

Jean-Pierre Dassieu précise que le choix des producteurs s'est fait en fonction de méthodes particulière de travail, et d'histoires que chacun a envie de raconter et de partager avec les consommateurs. _"En fait des bons producteurs qui ont des bons produtis, qui ont des choses à raconter, du terroir, il faut pas imaginer qu'il y en a des milliers. Je ne dirais pas que cet rare, mais il faut les trouver. Donc c''est un vrai travail qui a commencé il y a presque un an ici, avec une dizaine de personnes qui a goûté ssytématiquement les produits, en évaluant les producteurs, en allant les visiter très souvent pour se rendre compte de la façon dont c'est fait. _Ce qui est intéressant c'est de savoir comment le cultivateur est arrivé à produire ce produit-là, pourquoi il s'est entiché de cette façon de produire, pourquoi il choisit les circuits courts. Quand vous avez des producteurs qui choisissent le contact avec le client, en général ce sont des passionnés, des personnes qui ont des choses à dire, à partager. Donc quand on parle d'histoires c'est de tout cela dont il s'agit."

A terme, la gestion du magasin confiée aux coopératives

Le montage économique est simple : InVivo possède 51% des parts du magasin, les coopératives se partagent le restent à parts égales, l'objectif étant pour InVivo de se retirer progressivement du circuit pour laisser la place aux regroupements de producteurs. L'enseigne espère atteindre un chiffre d'affaires de trois millions d'euros à Chenôve. La première tentative toulousaine a donné des gages de réussite avec un peu plus de 2 millions d'euros de chiffre d'affaires sur 12 mois. Deux autres ouvertures sont prévues d'ici la fin de l'année en Aquitaine.