Économie – Social

Cher : les arboriculteurs réclament des simplifications administratives

Par Michel Benoît, France Bleu Berry mardi 27 septembre 2016 à 18:28

Le surpoids administratif, mis en scène, avec la complicité bien involontaire de la préfète du Cher
Le surpoids administratif, mis en scène, avec la complicité bien involontaire de la préfète du Cher © Radio France - Michel Benoit

La préfète du Cher, aux pommes. Nathalie Colin a même eu droit à une petite mise en scène surprise des producteurs, histoire de bien lui expliquer les lourdeurs administratives qu'ils subissent.

Les arboriculteurs emploient beaucoup de saisonniers. Ils estiment que les formalités administratives ne sont pas adaptées à leur profession, qu'elles sont trop complexes et prennent beaucoup trop de temps. La préfète du Cher s'est pliée de bonne grâce au petit jeu. Les arboriculteurs lui ont demandé de prendre part à un petite mise en situation des difficultés qu'ils ont à gérer . Nous sommes lundi matin, premier jour de cueillette des pommes, Jérome Jousset, producteur à Vasselay attendait 15 cueilleurs : ils ne sont que 5 à se présenter à 7H30 et du matin...

Nathalie Colin, préfète du Cher (à droite), chargée d'embaucher des saisonniers et d'assumer la multitude de documents à remplir. - Radio France
Nathalie Colin, préfète du Cher (à droite), chargée d'embaucher des saisonniers et d'assumer la multitude de documents à remplir. © Radio France - Michel Benoit

Bien sûr, on ne peut tenir pôle emploi pour responsable si certains cueilleurs ne se sont pas levés pour ce premier matin de travail, mais il s'agit du premier contretemps d'une longue série de petits soucis à régler pour l'embauche de ces saisonniers. Déclaration préalable à l'embauche, titre de séjour pour les travailleurs étrangers à vérifier, contrat de travail à établir, et depuis le début de l'année papiers pour la mutuelle devenue obligatoire. Du travail supplémentaire dont se passeraient bien les arboriculteurs. Comme ils avaient la préfète sous la main, ils lui ont montré tous les cas de figure : l'embauche d'un mineur par exemple avec toutes les contraintes encadrant le travail en hauteur (même si elles ont été assouplies) ou la nécessité de lui faire subir une visite médicale avant de le faire travailler. Et parfois, certains cueilleurs arrêtent au bout d'une heure : Jérome Jousset, c'est dans son exploitation que la préfète s'est rendue, passe alors plus de temps à remplir les documents, que ne travailleront certains saisonniers.

Beaucoup d'énergie nécessaire pour cueillir cette pomme - Radio France
Beaucoup d'énergie nécessaire pour cueillir cette pomme © Radio France - Michel Benoit

Pas de souci, la préfète a gardé le sourire. Et pourtant, les arboriculteurs ont un peu forcé le trait en concentrant toutes les situations qu'ils sont amenés à traiter. Ils espèrent que la préfète du Cher, qui a pris de nombreuses notes, relaiera leur message à Paris. Tout le monde en convient : cette paperasse est lourde, mais il sera difficile de la réduire. Ces documents permettent les cotisations, ils garantissent la légalité des embauches et permettent de lutter contre le travail au noir, et la concurrence déloyale de travailleurs détachés illégaux, venus d'Europe de l'Est. L'agriculture est l'un des premiers employeurs de travailleurs détachés dans le Cher. Il serait peut-être judicieux que la chambre d'agriculture, de son côté, réfléchisse à une structure dédiée à l'embauche de saisonniers, capable d'épauler les agriculteurs dans les démarches... Des arboriculteurs qui ont prévu une autre action, la semaine prochaine, moins bon enfant peut-être. Contre la nouvelel réglementation sur les pesticides et la mise en place de zones de non traitement qu'ils estiment trop larges.