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Chez Amazon à Saran, une fin d'année comme les autres

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Par , France Bleu Orléans

Objet de toutes les critiques depuis le début de la crise sanitaire, le géant américain de la vente en ligne Amazon affiche sa sérénité en pleine période de pic de fin d'année. Sans communiquer les chiffres qui permettraient d'évaluer s'il y a ou non une hausse de l'activité liée au confinement.

Le site Amazon d'Orléans-Saran
Le site Amazon d'Orléans-Saran © Radio France - Anne Oger

"Moi, les on-dit sur Amazon, je n'en peux plus, ça me rend dingue. Il faut arrêter les délires !". Myriam Sabard est salariée depuis deux ans sur le site Amazon d'Orléans-Saran. En ce moment elle est "safety angel", "ange de la sécurité", chargée de s'assurer que ses collègues dans les entrepôts respectent les 150 "process", les consignes sanitaires, mises en place pour limiter les risques de contamination des salariés par le virus du Covid 19.  

Quand on l'interroge sur la façon dont elle reçoit les critiques dont fait l'objet Amazon depuis le début du confinement, et surtout depuis la décision du gouvernement de fermer, de nouveau, les commerces dits "non essentiels" en octobre dernier, Myriam Sabard ne cache pas son agacement. "Là les grandes surfaces vont rouvrir tous leurs rayons, les gens vont s'y entasser, vous croyez que c'est mieux ?"

Myriam Sabard, employée Amazon sur le site de Saran dans le Loiret
Myriam Sabard, employée Amazon sur le site de Saran dans le Loiret © Radio France - Anne Oger

Myriam assure qu'elle et ses collègues ne traitent pas plus de colis qu'avant la fermeture des magasins, répondant ainsi aux accusations de concurrence déloyale visant le géant américain, montré du doigt comme le principal bénéficiaire de cette fermeture. "Bon là c'est vrai qu'on entre dans la période de Noël, donc on a sans doute un peu plus de commandes, mais on travaille normalement"

Combien de commandes traitées en ce moment à Saran ?

C'est aussi en substance ce que répond le directeur du site Amazon de Saran, Olivier Pellegrini, quand on lui demande s'il y a une hausse de l'activité depuis le reconfinement : "comme chaque année de toute façon, on a une augmentation du volume sur notre centre d'expédition, vous dire si la hausse a été plus marquée cette année, je ne peux pas répondre à cela"

Pas de chiffres précis, non plus, sur le nombre exact de commandes quotidiennes traitées à Saran : "ça dépend, il y a des commandes avec plusieurs colis, d'autres plus simples, c'est très variable et donc c'est impossible à dire".  

On a les effectifs habituels pour le pic de fin d'année à Saran

Une chose est sûre, les effectifs sont en hausse, pour faire face au pic de fin d'année, mais là encore, Olivier Pellegrini reste assez évasif sur d'éventuels recrutements supplémentaires, en prévision d'une hausse des commandes liées au succès du commerce en ligne en raison du confinement. "On a les effectifs habituels, on est plusieurs milliers en ce moment à Saran"

Un des entrepôts d'Amazon sur le site d'Orléans-Saran
Un des entrepôts d'Amazon sur le site d'Orléans-Saran © Radio France - Anne Oger

Amazon emploie habituellement 1700 salariés en CDI sur son site loirétain, et a l'habitude de dire qu'il double ses effectifs en période de fin d'année, avec un recours massif à l'intérim. 

Ca bouge pas mal depuis trois ou quatre semaines

Stéphane B. est l'un des ces intérimaires, qui reviennent régulièrement travailler chez Amazon, lors des pics d'activité. Il est à "l'in-band", la réception des produits, qu'il met en rayon, en quelque sorte, et que ses collègues viendront "peaker" pour les conditionner en fonction des commandes. En poste depuis le mois de juillet, il reconnaît que, sur son poste, "ça bouge pas mal, il y a pas mal de boulot depuis trois ou quatre semaines". Cette semaine, il travaille six jours sur sept.

Le site de Saran tourne sept jours sur sept en ce moment 

Lui quitte son poste pour la journée, il fait partie des équipes du matin cette semaine. Le site tourne 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, avec juste quelques heures de battement pour la maintenance, le dimanche matin. Avec un doublement des effectifs, et les mesures sanitaires liées à l'épidémie, Amazon a dû réorganiser les prises de poste, les salariés arrivent par roulement, toutes les dix minutes, et les départs sont également étalés. 

Ces mesures, Amazon a pris quatre semaines pour les mettre en place au printemps dernier. Après une décision de justice, celle du tribunal judiciaire de Nanterre, saisi notamment par le syndicat Sud. Le 14 avril dernier, il avait ordonné à Amazon de limiter ses ventes aux seuls produits essentiels, en attendant une évaluation des risques de contamination pour ses salariés. A la suite de cette décision, le géant américain avait fermé l'ensemble de ses sites français pour les adapter au risque sanitaire. 

Quand on est revenus travailler, on a senti les efforts

"C'est vrai qu'ils ont été obligés de se mettre à la page, et ça a mis beaucoup de temps, mais nous quand on est revenus travailler, on a senti les efforts" confie ce salarié, en CDI depuis cinq ans chez Amazon à Saran. "Les conditions au départ n'étaient pas acceptables, ils ont fait ce qu'il fallait, maintenant tout va bien"

Les gens se trompent de méchant dans l'histoire

Lui, comme sa collègue Myriam, ne comprend pas non plus les critiques vis-à-vis de son employeur : "moi je comprends très bien que les petits commerces ont besoin d'exister, mais c'est pas de notre faute à nous, ça n'est pas nous qui les avons fermés ! Nous on vient tous les jours, on fait notre boulot, pour avoir un salaire, pour payer les factures. J'ai envie de dire qu'ils se trompent de méchants, les gens, dans l'histoire"

Des chiffres, enfin !

Entre deux réunions, pic de fin d'année oblige, c'est un sentiment que confirme Olivier Pellegrini, le directeur du site de Saran : "c'est vrai que c'est compliqué pour les salariés, d'être dans le viseur en permanence, parce qu'ils savent qu'ils font bien leur travail, et que les clients sont satisfaits. Donc ça n'est pas plaisant, mais rapidement on passe outre. C'est vrai qu'on préférerait être accueillis à bras ouverts partout, mais quand on parle aux politiques et aux acteurs économiques ici localement, je vous assure qu'ils sont satisfaits de ce qu'on fait et des emplois qu'on génère. Amazon emploie 9300 personnes en France, et a généré 130 000 emplois indirects". Ces chiffres-là, Olivier Pellegrini ne se fait pas prier pour les donner

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