Économie – Social

Alstom à Belfort : "Il faut ouvrir les négociations" affirme Christophe Sirugue, le secrétaire d'État à l'Industrie

Par Hajera Mohammad, France Bleu Belfort-Montbéliard, France Bleu Besançon et France Bleu vendredi 9 septembre 2016 à 8:00

Christophe Sirugue, Secrétaire d'État à l'Industrie
Christophe Sirugue, Secrétaire d'État à l'Industrie © Maxppp -

Le gouvernement demande à Alstom de lancer "une phase de négociation" avant d'arrêter la production des trains sur le site de Belfort. Le secrétaire d' État à l'Industrie Christophe Sirugue l'a dit ce vendredi sur FB Belfort Montbéliard, comme au PDG Henri Poupart-Lafarge, jeudi après-midi à Bercy.

Le gouvernement ne compte pas laisser faire les dirigeants d' Alstom sans obtenir des garanties. Le 7 septembre, la direction du constructeur ferroviaire a annoncé aux salariés du site de Belfort, son intention de transférer la production des trains vers Reichshoffen, en Alsace. Sur les 500 employés, au moins 400 sont concernés. Le constructeur ferroviaire s'engage à leur soumettre une "proposition de transfert, s'ils le souhaitent" vers une autre usine du groupe en France.

Les élus locaux et les syndicats reçus à Bercy

Mais Christophe Sirugue pose ses conditions. Invité de France Bleu Belfort Montbéliard ce vendredi 9 septembre, le Secrétaire d' État à l'Industrie a assuré que le gouvernement surveillait le dossier de près et comptait mettre la pression sur Alstom dont le PDG a été convoqué à Bercy hier. "Je lui ai demandé d'ouvrir les négociations sur la forme du plan mais aussi sur le contenu" affirme M. Sirugue. La discussion devrait démarrer dès la semaine prochaine après avoir rencontré les élus locaux (lundi) et les syndicats (mardi) au ministère. "Pas question d'être dans une situation du tout ou rien à Belfort" affirme le secrétaire d' État. "ll faut réfléchir au devenir du site de Belfort, ce qui ne veut pas forcément dire le transfert de production" ajoute-t-il.

"Une annonce brutale et sans concertation - Christophe Sirugue

Christophe Sirugue était au courant de la situation fragile d'Alstom à Belfort et des baisses de commandes globales pour Alstom mais l'État qui pourtant siège au conseil d'administration du groupe, "n'était pas au courant" de ce projet de fin de production. "Nous avons un droit de regard sur la vie des entreprises et en même le gouvernement a des stratégies sur lequel nous avons des responsabilités" avoue le secrétaire d'État. Parmi ces stratégies, l'investissement dans le ferroviaire.

"Les annonces faites la main sur le cœur, ce n'est pas ma méthode - Christophe Sirugue

Il y a un an, Emmanuel Macron, ex-ministre de l'Économie avait promis "zéro licenciement" aux salariés de Belfort, au moment de la vente de la branche énergie d'Alstom à l'Américain General Electric. Un an plus tard, pas question de faire la même promesse à ces salariés. " Moi je ne suis pas sur des effets d'annonce, je suis là pour remonter les manches et travailler" déclare Christophe Sirugue.

Écoutez l'interview en intégralité de Christophe Sirugue, Secrétaire d'État à l'Industrie :

Christophe Sirugue, Secrétaire d'État à l'Industrie : "Alstom doit ouvrir les négociations"

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