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Économie – Social

CHRU de Tours : les kinés en grève

jeudi 31 mai 2018 à 18:35 Par France Bleu Touraine, France Bleu Touraine

Les kinésithérapeutes sont en grève depuis ce jeudi au CHRU de Tours. Elles étaient une petite dizaine à faire signer des pétitions aux hôpitaux Trousseau et Bretonneau ce jeudi. Elles dénoncent le manque de 11 postes de kiné sur 37 en tout.

Illustration / Les kinésithérapeutes du CHRU de Tours sont en grève.
Illustration / Les kinésithérapeutes du CHRU de Tours sont en grève. © Maxppp - SALVAT YVES / PHOTO PQR / LE PROGRES

Tours, France

Feuilles et stylos à la main, les kinésithérapeutes du CHRU de Tours sont allées devant les sites Trousseau et Bretonneau ce jeudi pour manifester leur mécontentement et faire signer leur pétition. Elles remettent en cause le manque d'effectif et les conditions de travail et de traitement des patients qui se dégradent. Elles mettent en avant le manque de 11 postes non pourvus sur 37

Recrutement compliqué

Les kinés dénoncent une politique pour supprimer les kinés à l'hôpital et une direction qui n'a "pas vraiment de politique de recrutement". Une kiné ajoute que "nous demandons depuis plusieurs mois d'avoir des annonces régulières mises sur différents types de plateforme pour être visibles. _Mais même sur le site du CHRU, il est mis qu'il ne manque aucun kiné et qu'il n'y a aucun poste à pourvoir_."

Elles dénoncent donc un manque d'attractivité autour du métier mais aussi de "fidélisation des agents déjà en poste qui finissent par partir. Parce que _nous n'arrivons plus à développer notre expertise. Nous n'arrivons plus à travailler en équipe avec les infirmières et les aide-soignantes_".

A des effectifs supplémentaires demandés, la direction aurait proposé de mettre en place des groupes de travail et de la réorganisation. 

Ils nous ont demandé de savoir quels actes nous pouvions partager avec les autres professionnels de santé pour essayer de nous soulager. Cependant, les actes qu'on fait à l'hôpital sont des actes kiné et on ne peut pas déléguer nos soins. Et pourtant, un coach sportif vient d'être recruté sur notre ligne de kiné." 

Le recrutement peut s'avérer difficile. En effet, les études de kinésithérapie sont passées de trois à quatre ans, et les niveaux de rémunération en hôpital public ne conviennent plus. Les jeunes peuvent trouver un emploi dans le privé ou le libéral à des salaires plus hauts.

Depuis le préavis de grève, la direction a fait paraître une annonce. "La direction nous dit qu'elle ne comprend pas pourquoi nous faisons grève avec toutes les choses qu'ils mettent en place, mais nous on les voit pas ces choses", ajoute une kiné.

"On doit prioriser les patients suivant l'urgence"

Avec 11 postes en moins, les kinés dénoncent des conditions de travail dégradées et une moins bonne prise en charge des patients. "Nous sommes obligées de prioriser les patients suivant l'urgence". Elles ne se rendent plus en psychiatrie, rhumatologie, en prison et bientôt en orthopédie. 

"Ça va aller de pire en pire. Donc on se pose des questions maintenant au niveau des services de chirurgie même, ce n'est pas acceptable."

Légalement, il doit y avoir kiné par réanimation. Une kiné raconte que "là, ce n'est pas possible. Donc les patients qui sont censés être vus plusieurs fois par jour ne le seront qu'une fois. Cela peut entraîner des _complications_, pour retrouver leur mobilité, au niveau respiratoire ou en terme d'infections".

Dans le service des brûlés où nous n'allons plus, les personnes brûlées auraient besoin d'une mobilisation quotidienne et développent des brides au niveau de leur greffe et de leur peau, donc avec des séquelles fonctionnelles importantes. 

_Une kiné ajoute "qu'on nous dit de nous déculpabiliser". Sa collègue poursuit "sauf que pour nous, c'est important de pouvoir assurer les soins à tous ceux qui en ont besoin, surtout à l'hôpital public"_. 

Pendant la grève, il n'y a plus qu'un kiné par site qui assure une garde pour les urgences respiratoires. Les autres patients qui ne sont pas en urgence sont en attente.