Retour
Provence-Alpes-Côte d'Azur Corse Auvergne-Rhône-Alpes Grand Est Bourgogne-Franche-Comté Occitanie Nouvelle-Aquitaine Centre-Val de Loire Île-de-France Hauts-de-France Normandie Pays de la Loire Bretagne
  • Toute la France
  • Auvergne-Rhône-Alpes
  • Bourgogne Franche-Comté
  • Bretagne
  • Centre-Val de Loire
  • Corse
  • Grand Est
  • Hauts-de-France
  • Île-de-France
  • Normandie
  • Nouvelle-Aquitaine
  • Occitanie
  • Pays de la Loire
  • Provence-Alpes-Côte d'Azur
Changer de région
Centre-Val de Loire
Changer de région
Corse
Changer de région
Hauts-de-France
Changer de région
Normandie
Retour
Économie – Social

CHRU de Tours : le service pneumologie à bout de souffle

mardi 15 mai 2018 à 5:36 Par France Bleu Touraine, France Bleu Touraine

Le syndicat Sud Solidaires appelle à une manifestation nationale ce mardi à Paris pour une "convergence des hôpitaux en lutte". Du personnel du CHRU de Tours en fera partie. De nombreux services sont en grève suite à des suppressions de lits dans le cadre du projet Hôpital Trousseau 2026.

Photo d'illustration, personnel en grève.
Photo d'illustration, personnel en grève. © Maxppp - Danielle Laborde / PHOTOPQR / LA NOUVELLE RÉPUBLIQUE

Tours, France

Depuis novembre, une cinquantaine de lits dans les hôpitaux tourangeaux a été supprimée. Les services des admissions, de neuro-chirurgie, l'internat, et depuis le 1er mai, la pneumologie sont en grève. Le projet Hôpital Trousseau 2026 prévoit jusqu'à 133 suppressions de lits avant 2019. La pneumologie va se voir supprimer 7 lits plus 1 lit d'hospitalisation complète avant la rentrée de septembre

"Plus, mais avec moins"

La soixantaine de soignants du service sont tous en grève. "C'est toujours plus, plus vite, mais avec toujours moins." Une soignante explique que le service pneumologie a un taux de 96% d'occupation des lits, et qu'une suppression de lits va bloquer le service. 

On se retrouve avec un sous-effectif qui ne laisse aucune place à l'imprévu, aux urgences vitales, aux situations de fin de vie, aux prises en charge palliatives." 

Elle explique que parfois, elles prennent "du temps qui est supprimé forcément pour un autre patient. Le patient d'à côté n'aura pas ses traitements à temps, on est obligés de choisir."

Les rotations de patients sont de plus en plus rapides avec une réduction de la durée moyenne de séjour. "Nous tournons entre neuf sorties et neuf entrées par jour sur les deux unités", raconte une soignante. La pneumologie est un service très mixte, où "on a quand même _des pathologies qui sont lourdes_, que ce soit les cancers, les mucoviscidoses, la tuberculose aussi. Ce sont des gens qui ont besoin de beaucoup d'écoute. On gère aussi de l'urgence, de l'infectieux où on a beaucoup de chambres avec des précautions complémentaires donc de l'isolement." 

Et avec tout ça, actuellement, on n'arrive déjà pas à respecter nos missions."

Les soignantes dénoncent le fait de vouloir une augmentation des effectifs, tandis que la direction leur propose de supprimer des postes pour en mettre d'autres ailleurs.

Une grève complexe à mener

Mais faire grève quand on est soignant, c'est signer une feuille et avoir une étiquette collée sur la blouse, ou se retrouver en effectif réduit. Les soins doivent être malgré tout assurés pour les patients. La grève semble complexe, les peu de réunions avec la direction sont tendues, une soignante explique avoir "mis à plusieurs reprises des affiches pour prévenir du danger que peut représenter cette restructuration pour les patients, les familles et nous-mêmes. _Mais elles ont été enlevées, plusieurs fois_." 

On nous a dit qu'il était hors de question qu'on mette des affiches."

Pourquoi ? "Parce que les patients sont fragiles, et que cela donne une mauvaise image de l'hôpital et qu'il en était hors de question", ajoute-elle

On est vraiment en difficulté par rapport à ça et aussi par rapport à la culpabilisation de l'encadrement sur le fait même qu'on soit en grève.

Une des soignantes raconte qu'on leur ferait comprendre qu'à cause d'elles, "le travail qui devrait être fait auprès des soignants par les encadrants est moins bien fait. Qu'à cause de nous, le patient passe au second plan, qu'on n'assume pas quand on décide de faire une grève qu'une heure. _Nous on a justement le sentiment de défendre l'hôpital, car on aime travailler à l'hôpital et qu'on prévient les usagers en disant attention, vos soins sont aussi en danger."_

Le syndicat Sud Solidaires dénonce une omerta à l'hôpital. Le CHRU aurait porté plainte pour vol de documents à propos d'une fuite de documents en février 2017, liée au projet Hôpital Trousseau 2026. Ils rapportaient la suppression de presque 400 emplois et 400 lits.

Jeudi 17 mai aura lieu une manifestation Place Jean-Jaurès à Tours pour dénoncer les problèmes rencontrés en pneumologie de 12h30 à 14h30. Les autres services pourront aussi être présents.