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Économie – Social

Clermont-Ferrand : l'amertume des sucriers de Bourdon

dimanche 14 avril 2019 à 18:03 Par Claudie Hamon, France Bleu Pays d'Auvergne

Les salariés de la sucrerie de Bourdon craignent le pire. Face à la chute des cours mondiaux, les grands groupes sont dans le rouge et certains ferment brutalement des sites de production. Les petites structures se sentent menacées.

La sucrerie de Bourdon la plus ancienne et la plus au sud de France
La sucrerie de Bourdon la plus ancienne et la plus au sud de France © Radio France - Claudie HAMON

Clermont-Ferrand, France

C'est un article du quotidien l'Opinion qui a mis le feu aux poudres la semaine dernière. Face à une surproduction mondiale et la chute des cours, certains grands groupes se restructurent brutalement comme l'allemand Sudzücker qui annonce la fermeture de deux petites usines de la raffinerie Saint-Louis dans le Calvados et la Somme. En Auvergne aussi, des rumeurs, non démenties par la direction du groupe Cristal Union évoquent la fermeture probable de trois petites unités dont le site de Bourdon dans le Puy-de-Dôme. Même si rien ne semble décidé, le mutisme de la direction alimente les pires scénarios.

Patrick Arfeuillère et Brice Laurier, salariés de la sucrerie de Bourdon. - Radio France
Patrick Arfeuillère et Brice Laurier, salariés de la sucrerie de Bourdon. © Radio France - Claudie Hamon

Les salariés aimeraient bien que leur direction les informe de la situation. Mais son silence nourrit le malaise au sein de l'entreprise. "On a demandé à rencontrer notre direction, mais elle ne nous répond pas. Même notre chef de section fait le mort, explique Brice Laurier, le secrétaire du CE. "Les décisions ne sont pas prises localement, ça nous inquiète réplique Patrick Arfeuillère, salarié de la sucrerie depuis près de 40 ans. A chaque crise on a toujours pu discuter autour d'une table avec les agriculteurs et trouver des solutions pour pérenniser l'outil et la betterave en Auvergne, mais là nos interlocuteurs sont loin et ce sont des gens avec lesquels nous n'avons pas l'habitude de traiter. Et ils ne peuvent pas être aussi attachés au territoire que nous." 

Une chute des cours de près de 60%

Ce n'est pas la première crise que traversent les sucriers auvergnats. Les aléas du climat, les maladies de la betterave, les agriculteurs y font face depuis l'implantation de la betterave en Limagne au début du XIXe siècle. Mais cette fois, d'autres facteurs perturbent la filière. Le mirage de la fin des quotas sucriers en Europe a tout bouleversé.  En prévision de la fin du régime des quotas, les planteurs européens ont augmenté leur surface de production de 20% , les entreprises sucrières pouvaient ainsi diluer leurs charges fixes mais c'était sans compter la chute des cours, provoquée par un afflux sur le marché de sucre brésilien, indien ou thaïlandais. Une baisse des cours de près de 60% entre 2016 et 2018. Et les stocks sont tellement haut que les prix sont toujours en dessous du seuil fixé par la Commission européenne avant la fin des quotas soit environ 400 euros la tonne. 

La campagne de la betterave sucrière dure 3 à 4 mois de septembre à décembre. - Maxppp
La campagne de la betterave sucrière dure 3 à 4 mois de septembre à décembre. © Maxppp - Philippe Turpin

La sucrerie de Bourdon a encore des cartes à jouer 

Les 400 planteurs de la coopérative Bourdon sont sonnés mais pas ko. " La sucrerie de Bourdon a encore des cartes à jouer souligne Régis Chaucheprat, le pdt du syndicat betteravier des Limagnes. _Aujourd'hui la moitié des sucres produits à Bourdon reste en Auvergne-Rhône-Alpes_, l'autre moitié est exporté vers les pays du sud, Espagne, Italie. Et nous sommes les seuls implantés au sud de la Loire. Enfin, 70 à 80 000 granulés de pulpes de betterave sont expédiés chaque année chez les agriculteurs de la région." Finalement dans la betterave rien ne se perd.

Face à la crise actuelle (chute des cours mais aussi aléas climatiques et maladie de la cercosporiose de la betterave) les planteurs ont demandé un soutien financier aux collectivités territoriales, conseil régional, conseils départementaux du Puy-de-Dôme et de l'Allier. Le département du Puy-de Dôme a déjà promis une enveloppe exceptionnelle de 360 000 euros sur deux ans afin de de les aider à financer en partie l'achat de nouvelles semences plus résistantes.