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Économie – Social

Clermont-Ferrand : l'autre guerre des polices est sociale

mardi 25 octobre 2016 à 16:12 Par Eric Le Bihan, France Bleu Pays d'Auvergne

Alors qu'une petite trentaine de policiers ont répondu à l'appel des syndicats devant le palais de justice de Clermont-Ferrand, 100 fonctionnaires, rejoints par des municipaux et des pompiers en civil ont manifesté dans le centre-ville. La rupture est profonde.

Plus d'une centaine de policiers sur la place de la Victoire
Plus d'une centaine de policiers sur la place de la Victoire © Radio France - Eric Le Bihan

clermont-ferrand puy-de-dome auvergne

La scène est totalement inédite. Deux rassemblements de policiers à la même heure, dans la même ville, à quelques hectomètres d'intervalle. Les organisations syndicales ont appelé à des rassemblements récurrents tous les mardis entre 13h00 et 13h30 devant les palais de justice. C'était le cas à Clermont-Ferrand, mais les troupes étaient pour le moins clairsemées. Un appel qui fait flop, au vu du rapport de force. Au même moment, sans bannière syndicale, plus de 100 fonctionnaires de police ont en effet décidé de manifester entre les places de la Victoire et de Jaude. Ils ont notamment entonné d'une seule voix une vibrante et symbolique Marseillaise. Nouveauté en Auvergne, des policiers municipaux, des pompiers en civil, ainsi que des contrôleurs du réseau T2C ont grossi les troupes en colère contre le gouvernement... et leurs syndicats.

Une petite trentaine de policiers ont répondu à l'appel syndical - Radio France
Une petite trentaine de policiers ont répondu à l'appel syndical © Radio France - Eric Le Bihan

L'UNSA Police entre malaise et compréhension - Patrice Collon

Si le malaise entre les policiers et l'exécutif est visible et audible depuis les scènes de violences subies par des collègues le 8 octobre dernier à Viry-Châtillon dans l'Essonne, la police doit donc faire face à une révolution intestine. Pour la base, les syndicats ne jouent pas leur rôle et ils entendent désormais porter leur colère et leurs revendications en toute indépendance.

Le malaise est profond entre policiers et représentants syndicaux - Radio France
Le malaise est profond entre policiers et représentants syndicaux © Radio France - Eric Le Bihan

La colère froide de Christophe*, gardien de la paix à Clermont (*prénom changé)

Une justice moins laxiste, des effectifs renforcés et des moyens matériel et logistique supplémentaires. Les policiers, syndiqués ou non, se rejoignent sur les doléances. Ce sera d'ailleurs au menu de la réunion prévue ce mercredi entre le Président de la République François Hollande et les organisations syndicales. Mais pour ne pas froisser la base, les préfets sont également priés de recevoir des représentants de policiers "non encartés". Ce sera le cas jeudi en préfecture du Puy-de-Dôme. La guerre des polices est aussi devenue sociale. Le mouvement de grogne est en train de prendre un tournant aussi inattendu qu'incontrôlable.