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Économie – Social

Commémoration du 11 juin 68 à Sochaux : les souvenirs de Jean Cadet, ancien secrétaire de la CGT chez Peugeot

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Par , France Bleu Belfort-Montbéliard

Le 11 juin 68, alors qu'un mouvement social inédit touche toutes les usines de France, deux ouvriers de Peugeot Sochaux trouvent la mort dans des affrontements avec les CRS. Ce mardi, comme chaque 11 juin, la CGT appelle à la commémoration de cette journée.

Jean cadet, 83 ans, aux côtés de Bruno Lemerle, délégué Cgt des retraités de PSA Sochaux
Jean cadet, 83 ans, aux côtés de Bruno Lemerle, délégué Cgt des retraités de PSA Sochaux © Radio France - Emilie Pou

Sochaux, France

Il a tout noté dans un carnet. Chaque jour de ce printemps 68, Jean Cadet a écrit, heure par heure, la grève, l'occupation de l'usine, les négociations avec la direction. Des pages et des pages. Sauf ce jour là. Le 11 juin 68, l'ancien secrétaire de la CGT à Peugeot Sochaux n'a rien écrit, trop occupé à essayer de faire cesser les violences. Ce jour là, des affrontements ont éclaté entre ouvriers de Peugeot Sochaux et CRS dans l'usine occupée. Deux ouvriers ont été tués.

Toute la journée, une succession de violences

Il se souvient : "Les jours précédents le 11 juin, après presque un mois de grève et d'occupation, une courte majorité de salariés avaient voté la reprise du travail. D'autres avaient décidé de réoccuper l'usine ce 11 juin, ce que n'a pas accepté la direction, qui a donc fait appel aux CRS. Dans la nuit du 10 au 11 juin, les cars ont donc déversé des centaines d'ouvriers, et là les CRS ont commencé à matraquer sans faire de distinction. L'usine a été évacuée et il a été décidé d'aller en cortège vers la sous-préfecture. C'est au retour que le drame a eu lieu. Les CRS se trouvaient dans la cour de l'usine côté Montbéliard, et les grévistes ont enfoncé les portes. C'est à ce moment là qu'il y a eu les coups de feu."

Jean Cadet a tout conservé dans ses carnets, jour par jour.  - Radio France
Jean Cadet a tout conservé dans ses carnets, jour par jour. © Radio France - Emilie Pou

Les CRS repartent dans la soirée

Deux ouvriers trouvent la mort. Pierre Beylot, meurt d'une balle tirée par un CRS, Henry Blanchet chute d'un mur. "Après cela, mon but a été de faire partir les CRS. Toute la journée, avec l'aide des élus, on a plaidé pour qu'ils partent, craignant de nouvelles violences. Ils sont partis vers 21H, lorque l'on a appris que des étudiants de Mulhouse allaient venir pour en découdre". 

Seule la lutte peut apporter des améliorations à la condition des salariés

Le lendemain, les négociations avec la direction reprennent, mais le bilan est lourd. Deux morts donc mais aussi 150 blessés, dont deux amputés. Dans les semaines qui suivent, les ouvriers de Peugeot obtiendront de grandes avancées sociales: des augmentations salariales, une réduction du temps de travail notamment. "C'est dans ces moments là que la lutte montre qu'elle peut être payante. Seule la lutte peut apporter des améliorations à la condition des salariés". 

Jean Cadet se souvient de ce 11 juin 68

La commémoration a lieu ce mardi à 16h15, au square Dagnaux de Montbéliard, en face de la portière Siedoubs, là où se trouve la stèle en hommage aux deux ouvriers morts ce jour là. 

Près de l'usine PSA Sochaux, une plaque rend hommage aux deux morts du 11 juin 1968. - Radio France
Près de l'usine PSA Sochaux, une plaque rend hommage aux deux morts du 11 juin 1968. © Radio France - Christophe Beck