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Économie – Social

Comment se portent les cordonniers à la veille de leur congrès annuel à Lille ?

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Par , France Bleu Nord, France Bleu

Dimanche 2 juin, les cordonniers de France se donnent rendez-vous à Lille pour leur congrès annuel. Ils seront une cinquantaine, venus de toute la France, pour évoquer l'avenir de leur métier.

A ses débuts, Francis Duquesne devait marteler les semelles pour les recoller. Désormais il a une presse automatique pour faire ce travail à sa place.
A ses débuts, Francis Duquesne devait marteler les semelles pour les recoller. Désormais il a une presse automatique pour faire ce travail à sa place. © Radio France - Louise Thomann

Carvin, France

Voilà bientôt trente ans que Francis Duquesne, l'un des organisateurs du congrès des cordonniers, tient sa cordonnerie à Carvin, près de Lens dans le Pas-de-Calais.  Avec sa femme, ils gèrent ensemble la boutique, et l'activité se porte bien chez eux. 

"Depuis vingt-neuf ans qu'on est là, tout va bien : les chaussures rentrent tous les jours. Et il n'y a pas que les chaussures, il y a les blousons, les sac à mains, les ceintures. Le cordonnier ne travaille pas que le cuir, il travaille ce qu'on lui amène!" En plus de ces réparations, il s'occupe également de faire des doubles de clés, des plaques d'immatriculation etc. 

Beaucoup d'adaptation

Bien sur, depuis ses débuts, il a vu son métier évoluer, d'abord sur le plan technique. Quand il a ouvert sa cordonnerie, baptisée "Achille Talon", il travaillait avec un marteau pour recoller les semelles, "jusqu'à trente coups par chaussures". Depuis, il a investi dans une presse pour faire ce travail fatigant à sa place, puis plus récemment, dans un pistolet à clou. La seconde adaptation, c'est sur la matière brute en elle même : les chaussures. Elles sont de moins en moins faites en cuir. "On doit constamment s'adapter. L'avenir de la profession c'est ça. En ce moment il y a la mode des sneakers -des baskets de ville- l'avenir c'est savoir les réparer, les rénover." 

Peu de vocations

Un des problèmes que rencontre ce métier, c'est qu'il peine à séduire les jeunes. Brigitte Duquesne, cordonnière diplômée l'année dernière, l'a constaté : pendant sa formation, ils n'étaient que 6 à suivre les cours. "Il faut faire comprendre l'intérêt du métier, et qu'il peut se féminiser : j'en suis la preuve vivante!" La cordonnerie manque de considération auprès du public."Je vois beaucoup de jeunes qui me regardent travailler, ils ont l'air intéressés. Mais je sais que quand ils rentrent chez eux, ils doivent entendre "Mais tu ne vas pas faire cordonnier quand même?" soupire Francis Duquesne. 

Une piste : favoriser l'apprentissage

Alors pendant leur congrès annuel, les professionnels vont tenter d'explorer des pistes pour maintenir ce métier à flots. Les principales idées sont l'ouverture à l’apprentissage pour former les jeunes, et faciliter leur installation une fois qu'ils ont obtenu leur CAP Cordonnerie. Mais pas de défaitisme pour Francis Duquesne, qui croit en l'avenir de son métier.