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Commerçants bordelais face aux loyers des propriétaires immobiliers : "on vit l'enfer !"

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Comment faire pour payer des loyers lorsque l’on n’a aucune rentrée d’argent ? La question est posée par les commerçants bordelais qui, pour beaucoup, ont dû continuer de payer les charges de leurs locaux alors qu’ils étaient fermés. Ils réclament aujourd'hui des annulations de loyers.

La galerie des grands hommes à Bordeaux La galerie des grands hommes à Bordeaux
La galerie des grands hommes à Bordeaux © Maxppp - Dominique Gutekunst

Mi-avril Bruno Lemaire avait demandé aux grandes entreprises foncières (propriétaires de parcs immobiliers) "non pas de reporter, mais d'annuler trois mois de loyers pour les TPE de moins de 10 salariés". Un mois et demi plus tard, la situation est très inégale.
À Bordeaux, certains commerces n’ont rien payé pendant trois mois et d’autre doivent tout payer. La députée LREM de Gironde Catherine Fabre a donc adressé un courrier à tous les bailleurs pour connaitre leurs positions. 

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Communiqué de presse de Catherine Fabre -

Selon Bruno Tripon, le président de l’association de la galerie des grands hommes à Bordeaux, les foncières font tout de même payer les commerçants malgré les directives gouvernementales. "Vous avez même des foncières qui ont accordé des baisses de loyer qui demandent aux commerçants de garder le silence absolu sous peine de ré-augmenter le loyer. Il y aussi des appels de nombre de commerçants qui n’arrivent à rien obtenir et qui ne vont pas pouvoir tenir avec deux mois de perte de chiffre d’affaire. Aujourd’hui on demande un peu de solidarité !" 

Un courrier reçu de son bailleur par un commerçant de la galerie des grands hommes à Bordeaux -

Entre 20 et 30% de dépôts de bilan dans un an

Un cri de détresse important parce que les commerçants sont très angoissés. "Certains m’ont dit qu’ils voulaient se suicider" confie le président de l’association de la galerie des grands hommes. "Si les foncières ne font pas de gestes rapides, il va y avoir une nuée de dépôts de bilan" continue t-il. Bruno Tripon estime qu’il faudra compter entre 20 et 30% de dépôts de bilan dans un an, lorsqu’il faudra rembourser les prêts à l’Etat, les fameux PGE accordés pendant le confinement

Dans les boutiques, comme à Mériadeck, les gérants se battent pour pouvoir garder leurs salariés. L’un d’eux explique "on s’est déjà réendettés de 300.000 euros, dans les cinq années à venir on se demande si l’on sera capable de les payer. On a subi des crises importantes avec les gilets jaunes, aujourd’hui le Covid. L’avenir est très pessimiste. On vit l’enfer !"

Certaines foncières jouent le jeu

Selon ce commerçant qui préfère garder l'anonymat les loyers ne sont plus compatibles avec ce qui se faisait il y a une dizaine d’années mais les bailleurs font la sourde oreille, sur toutes les lettres que la députée LREM Catherine Fabre a envoyé, un seul a répondu. Face à ces disparités et à la détresse des commerçants, Catherine Fabre envisage de saisir la médiatrice des entreprises auprès du ministre de l’économie.
 

Certains bailleurs, pourtant, jouent le jeu, c’est le cas par exemple de Ceetrus à Bordeaux Lac qui a annulé tous les loyers dès le début du confinement.

Communiqué de presse de Ceetrus France -

Les autres foncières contactées n'ont pas répondu ou pas souhaité s'exprimer. 

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