Économie – Social

Commerce : Roanne en vient aussi à taxer les locaux vides

Par Émeline Rochedy, France Bleu Saint-Étienne Loire dimanche 17 septembre 2017 à 19:17

La rue Mulsant concentre le plus de locaux commerciaux vacants.
La rue Mulsant concentre le plus de locaux commerciaux vacants. © Radio France - Emeline Rochedy

Comme Montbrison dans la Loire, mais aussi plusieurs villes du pays, Roanne instaure une taxe sur les friches commerciales. Elle s'appliquera au 1er janvier prochain. Trente-et-un propriétaires devront s'en acquitter sauf si entre-temps ils prouvent qu'ils font ce qu'il faut.

Roanne cible les propriétaires des locaux commerciaux vacants, surtout ceux qui le sont depuis plus de deux ans. Ainsi, la mairie de Roanne vient d'adresser un courrier à 31 propriétaires pour les prévenir de l'entrée en vigueur de la taxe annuelle sur les friches commerciales (TFC) au 1er janvier 2018. Ils devront s'en acquitter s'ils ne font pas un peu plus d'efforts pour que l'activité reprenne dans leurs murs, souvent en les mettant tout simplement en location, en remettant les lieux en état ou en demandant un loyer plus adapté.

10 % de majoration pour commencer

Cette TFC ira crescendo : 10 % de taxe foncière en plus la première année, puis 15 % et 20 % les années suivantes, comme le permet le code général des impôts. Une liste finale sera transmise à l'administration fiscale. Près de la moitié des sites concernés se concentre en fait à la sortie de la ville, rue Mulsant : depuis la fermeture d'un pressing, d'un fleuriste, d'une librairie, d'un magasin de machines à coudre, plus aucune activité dans quinze locaux.

J'ai même honte de faire visiter des locaux pareils !

Certains propriétaires risquent jusqu'à 400 euros de TFC selon l'adjointe en charge du commerce. "On espère que ce sera suffisamment dissuasif", commente Sophie Rotkopf, qui parle de "certains locaux en piteux état". "J'ai même honte de faire visiter des locaux pareils", ajoute l'élue vers laquelle les propriétaires peuvent se tourner s'ils ont besoin d'aide.

Rue centrale, deux locaux vacants de part et d'autre de l'entrée de l'immeuble, appartenant à la même SCI,. - Radio France
Rue centrale, deux locaux vacants de part et d'autre de l'entrée de l'immeuble, appartenant à la même SCI,. © Radio France - ER

La situation est en fait très contrastée sur la ville de Roanne. L'hyper centre affiche un taux de vacance inférieur à la moyenne nationale, avec notamment une toute nouvelle dynamique rue du maréchal Foch. L'artère piétonne a connu à l'automne 2016, une succession d'ouvertures de commerces indépendants, qui jouent la différence avec la rue Charles de Gaulle où les franchises s'alignent. Du coup, à quelques centaines de mètres, rue Centrale derrière la mairie, deux locaux vacants au rez-de-chaussée d'un même immeuble font office de verrue. L'extérieur assez délabré donne guère envie. Ils appartiennent à la même SCI.

Déjà de premiers effets à Montbrison

Une autre ville de la Loire, Montbrison instaure une taxe identique à partir de janvier prochain. La menace semble avoir eu un effet. À l'annonce de la mesure, il était question d'environ 25 locaux visés. "Ils seront finalement une quinzaine", estime Gérard Bonnaud. "Des propriétaires se sont notamment engagés à faire des travaux. Nous voulions réveiller les consciences, je crois qu'on y arrive", conclut le délégué au commerce au conseil municipal de Montbrison. L'élu estime cependant qu'il faudra trois ans d'application pour mesurer l'impact de cette taxe.

En 2016, plusieurs villes ont opté pour cette taxe : par exemple Avignon, ou Colmar, tout comme Châteauroux.