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Dossier : Coronavirus Covid-19

Covid-19 : entre désarroi et impatience chez les artistes berrichons et leurs labels indépendants

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Par , France Bleu Berry

Les labels indépendants et les artistes de l'Indre ont affronté les confinements, pris dans une situation économiquement très fragile. Les concerts sont toujours interdits et organiser des répétitions n'est pas une mince affaire. A Châteauroux, certains se battent donc pour survivre.

Rémi Léguillon et Bérenger Trompesance dirigent le label indépendant Le Bruit Qui Tourne
Rémi Léguillon et Bérenger Trompesance dirigent le label indépendant Le Bruit Qui Tourne © Radio France - Laurine Benjebria

Bouleversement et désarroi chez les artistes berrichons confinés ! Les concerts annulés, les disquaires fermés pendant un mois et des salles de spectacle toujours fermées au public. Qu'ils dirigent un choeur composé d'une quarantaine de musiciens ou font partie d'un groupe de quatre musiciens, le problème restent le même : les répétitions sont rares car rendues compliquées.

Des répétitions annulées ou via enregistrements audio

Avec les confinements et maintenant le couvre-feu, le directeur artistique de Mikrokosmos, Loïc Pierre a dû mettre un frein aux répétitions de son choeur. La troupe est certes basée à Vierzon, mais les quarante musiciens se sont confinés chez eux, un peu partout en France : certains à Lille, d'autres à Bordeaux ou encore Paris. "Je refuse les répétitions en visio car sinon j'entends les musiciens avec une voix de synthèse", déplore Loïc Pierre. Le manque de répétition engendre certains doutes, notamment sur la création en cours. Mikrokosmos est sur un projet "complexe" et "_notre grande inquiétude avec la troupe c'est de savoir si on va être prêt_, si on aura eu le temps de faire les essayages". 

"J'ai besoin de ce temps-là que la pandémie m'enlève"

Le choeur avait des représentations programmées en cette fin d'année, mais toutes ont été annulées. Et les salles de concerts sont toujours fermées. Résultat, un embouteillage monstre : "On avait déjà des dates prévues en 2021 et ces dates ont été repoussées à 2022, il faut que l'on retrouve des dates pour l'an prochain, sauf que beaucoup de structures ne programment plus de nouveaux groupes car ils ont déjà les dates de 2020 à recaler", explique Loïc Pierre. 

"Avec le temps, le doute et les dettes s'accumulent"

Cette situation devient "économiquement, stratégiquement" très fragile selon le patron de la troupe. Il observe chez les plus jeunes musiciens, âgés de 18 à 30 ans, "une remise en question du métier", un "malaise". "Ce malaise pourrait trouver une soupape dès l'instant où l'on va se retrouver mais quand ?", s'interroge-t-il.

Sans concert, difficile de trouver un public

La situation est aussi compliquée, pour les groupes locaux qui font appel à des labels indépendants, comme le le label castelroussin Le Bruit Qui Tourne. C'est le cas notamment du groupe de stoner rock Jasper, composé de quatre musiciens basés entre l'Indre et l'Indre-et-Loire. Le bassiste Thomas Fouquet est le seul membre basé en Berry, mais il a rencontré des difficultés pour rejoindre les autres musiciens qui sont du côté de Tours. "On est un groupe semi-pro, je ne suis pas intermittent du spectacle, je n'ai donc pas de dérogation professionnelle", indique-t-il.

"Ce qui me manque le plus, c'est de jouer devant un public"

Les répétitions ne pouvant se faire en groupe ou difficilement :  "Le télétravail en musique, c'est possible", s'amuse Thomas Fouquet. Les musiciens répètent donc chacun de leur côté, en se basant sur les enregistrements de leurs anciennes répétitions. Ils espèraaient pouvoir retrouver le chemin du studio au début du mois de janvier. "C'est frustrant", lâche Thomas Fouquet. A force d'attendre et après plus d'un an de travail, il a dû mal désormais à visualiser la fin de ce projet. "On sait où on veut aller, on sait musicalement ce qu'on veut faire par contre on ne peut pas du tout se projeter ; comment on va faire vivre ça ensuite", regrette le bassiste. Il admet également ne pas savoir "si dans six mois, c'est encore cela que l'on voudra défendre, car la musique c'est l'instant présent". 

Le travail en amont des labels indépendants

La frustration et les incertitudes du groupe finissent par gagner leur label indépendant, Le Bruit Qui Tourne. Le label étant également disquaire, bar et salle de concert à Châteauroux, une grande partie de leur activité a dû être mise en pause lors du premier confinement, puis là lors du reconfinement. Ils ont mis en place un drive pour permettre à leurs clients de venir chercher des vinyles sur commande, mais les pertes sont importantes. "Sur le premier confinement, on a perdu, en tout, 40 mille euros de chiffres d’affaire", estime le gérant et directeur administratif, Rémi Léguillon.

"On est un peu dans le flou, on ne sait pas exactement quand on sera vraiment autorisé à rouvrir et à faire des concerts"

En attendant de pouvoir rouvrir leur bar et organiser à nouveau des concerts, Bérenger Trompesance, le directeur artistique du label, prépare la future programmation qui "peut s'étaler sur six mois si on le souhaite".  Pour l'instant, ce travail en amont n'est pas écrit dans le marbre, au cas où. "On va calmer le jeu, essayer de se refaire une santé financière confortable en ayant peut-être un peu moins de groupes à accueillir, mais en choisir peut-être un peu plus, en misant sur la qualité", précise Bérenger Trompesance.

Le Bruit qui tourne espère sortir le vinyle de Jasper au printemps à l’occasion d’un concert et peut-être signer avant un nouvel artiste. Une rencontre avec un rappeur est dans les tuyaux.

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