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Confinement : la fermeture des cantines scolaires plonge les producteurs dans la galère

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Par , France Bleu Loire Océan

La fermeture des établissements scolaires, et avec eux des cantines et des selfs, provoque des soucis. Les mairies de Loire-Atlantique et de Vendée ont dû, dans la précipitation, annuler des dizaines de commandes aux producteurs locaux, qui se retrouvent sans option de commercialisation.

Cantine scolaire
Cantine scolaire © Radio France - Vincent VOEGTLIN

Depuis plus d'une semaine maintenant, un nouveau confinement a été annoncé pour toute la France. En Loire-Atlantique comme en Vendée, cette annonce du président de la République a non seulement précipité la fermeture des écoles et des cantines scolaires, mais l'annulation de dizaines de commandes aux producteurs locaux qui fournissent la restauration collective, en particulier en milieu scolaire. Un revirement qui plonge ces producteurs dans la difficulté, et présente les municipalités face à un défi logistique. 

Des annulations en cascade

Véronique Guinaudeau, par exemple, se retrouve avec des centaines de kilos de marchandise sur les bras. Avec ses associés, cette productrice de lait au Longeron (Maine-et-Loire), commune toute proche des départements de Vendée et de Loire-Atlantique, n'a subitement plus su quoi faire de ses 180kg de fromage blanc, ou de ses dizaines de kilos de yaourt. "On est dépités quand on se retrouve avec ça sur les bras, quand on voit les seaux dans la chambre froide", regrette-t-elle. Les dates de péremption sont très courtes, de 21 jours, donc il faut très vite trouver des acheteurs".

On est dépités quand on voit les seaux de lait dans la chambre froide. - Véronique Guinaudeau, productrice

Difficile, quand on destine comme Véronique Guinaudeau près de la moitié de sa production à la restauration collective. Car le conditionnement est prévu pour ; qui va donc acheter du fromage blanc par emballage de 5kg ? Il faut, pour les producteurs, trouver d'urgence d'autres circuits de commercialisation. Hélène O, directrice de l'association Manger Bio 44, passe depuis une semaine des dizaines de coups de fil par jour : "On a appelé d'autres types de structures, le CHU de Nantes, les Ehpad qui restent ouverts, les cliniques. On fait de notre mieux pour le producteur n'y perde pas, mais il y aura certainement des pertes en milliers d'euros pour l'association"

D'autant que les producteurs, tout comme l'association, sont obligés de brader leur production, pour ne pas devoir la jeter. "C'est difficile de trouver des débouchés à tous ces produits frais, c'est la course", ajoute Hélène O, qui recense 61 commandes annulées et 4 tonnes de produits à écouler rapidement. "Heureusement, on peut conserver un peu les produits d'épicerie et ce qui peut être surgelé". 

Les municipalités aussi y perdent

Le surgelé et l'épicerie, c'est aussi ce qui a permis de "limiter la casse" chez les municipalités, explique Bruno Deshaies, responsable restauration à la mairie de Carquefou (Loire-Atlantique). Une bonne quantité de produits vont dormir dans les frigos et les congélateurs, en attendant la réouverture. Mais avec 1.600 repas servis chaque jour, il a fallu réagir très vite : "Malheureusement pour les fournisseurs, cela passe par l'annulation très rapide des commandes. On a pu réagir dès mercredi soir ou jeudi matin". La logistique gérée au jour le jour avait déjà permis, à la veille du weekend pascal, de ne pas commander "trop" de produits frais.

Même chose à Orvault (Loire-Atlantique). Thierry Vasse, directeur général adjoint Enfance Education Jeunesse à la mairie, a dû réagir très vite pour éviter le gaspillage alimentaire, dans une commune qui sert d'ordinaire 2.000 repas par jour. "On a stoppé les livraisons en urgence, et il a fallu trouver un débouché à ce que nous avions déjà reçu. Nous avons fourni l'antenne locale des Restos du Cœur en nourriture, à hauteur de 1.000 ou 1.200 euros". 

Mais même si l'annulation des commandes entraîne moins de dépenses pour les municipalités, le manque à gagner est conséquent. Avec des repas que les familles paient entre un et six euros en moyenne, les pertes en recettes se chiffrent vite en dizaines de milliers d'euros, puisque le personnel des cantines et de l'accueil reste évidemment payé par les mairies. A Vertou aussi, où 750 repas étaient servis quotidiennement, la perte est sensible. 

Les communes ont appris des premières expériences de confinement. Si l'an dernier, "tout le monde a été pris de court", selon Thierry Vasse, il relève qu'il y a eu "un certain apprentissage" et que l'adaptation est désormais constante. Bruno Deshaies, lui, veut retenir que ce reconfinement a été "moins brutal" qu'en mars 2020. Il faut maintenant s'atteler à anticiper la réouverture des cantines, qui suivront celles des classes, prévue le 26 avril. 

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