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Confinement : les théâtres du Pays Basque en danger

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Le confinement et l'interdiction de rassemblements mettent en péril de nombreux secteurs d'activité. La culture n'est pas épargnée. Les théâtres notamment, privés comme subventionnés, sont en grande difficulté. Exemple au Pays Basque du Théâtre des Chimères, une institution, et du Petit Bijoux.

Les théâtres sont tristement vides depuis le début du confinement Les théâtres sont tristement vides depuis le début du confinement
Les théâtres sont tristement vides depuis le début du confinement © Radio France - Sophie Peretti

L'un est subventionné, pour moitié de son budget, par les collectivités locales, l'autre est totalement privé. Les deux, installés physiquement à Biarritz, sont dans le même pétrin ou presque. Le Théâtre des Chimères et le Petit Bijoux, comme la totalité des théâtres du territoire, fermés depuis le début du confinement, sont en péril. Les règles de distanciation sociale ne les incitent guère à l'optimisme.

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"Beaucoup de théâtres vont fermer"

Le Petit Bijoux, structure totalement privée d'une capacité de 130 places, a ouvert il y a tout juste 6 mois. Le café-théâtre biarrot se retrouve dans une situation particulièrement inquiétante. "Nous sommes un jeune théâtre, on a une petite trésorerie, explique Virginie Stevenoot, sa cofondatrice. (soupir) Il faut vraiment que l'on trouve des moyens d'être aidés pour pouvoir assurer une ouverture en septembre ou octobre, sinon..__."

Plus que la situation actuelle, la perspective de ne pas pouvoir accueillir de public avant septembre inquiète particulièrement la jeune femme : "six mois de fermeture pour un théâtre c'est considérable, beaucoup, beaucoup de théâtres comme les nôtres vont fermer, on ne tiendra pas (...) Et si ils nous obligent à des demies salles, ce ne sera pas rentable__."

L'aide précieuse du public

Les théâtres privés en région, écrasés par leurs grands frères parisiens, se sont regroupés pendant cette période de confinement et ont créé une association (TPR) afin de se faire entendre eux aussi. Ils ont réussi à obtenir un rendez-vous la semaine passée avec le Ministère de la Culture. Mais les 5 millions d'euros annoncés par ce dernier pour venir en aide aux théâtres ne seront pas suffisants pour faire face aux charges mensuelles, estime Virginie. 

Le Petit Bijoux en appelle donc à la solidarité. La direction du café-théâtre encourage les spectateurs qui ont acheté des places pour des spectacles annulés avec le confinement à ne pas en demander le remboursement. "Si le public, amoureux du Petit Bijoux, a envie d'aider, c'est d'accepter des avoirs sur de prochains spectacles, pour conserver la petite trésorerie et pouvoir rouvrir__", conclut Virginie Stevenoot.

Appel aux dons des Chimères

Même son de cloche, ou plutôt de brigadier, du côté du Théâtre des Chimères. L'institution fondée il y a 40 ans sur la côte basque par Jean-Marie Broucaret et Marie-Julienne Hingant, qui ont passé la main depuis, a lancé un appel aux dons. "On essaye d'alerter un peu tout le monde, de trouver des aides un peu partout__", annonce Sophie Bancon, comédienne qui a reprit en codirection les Chimères.

L'équipe est en effet confrontée à des charges importantes, et notamment un loyer handicapant de 5000€ par mois pour leur salle située à proximité du rond-point du Mousse à Biarritz. Or l'association, bien que subventionnée, tire près de 50% de son budget de l'auto-financement à travers des représentations, des tournées, mais aussi de la transmission à travers des ateliers amateurs et des projets scolaires du sud des Landes jusqu'à Tarbes. Depuis un mois et demi, tout est à l'arrêt.

"On bataille sinon ça va être le gouffre"

"Depuis mars on a eu toute une série de représentations qui ont été annulées, plus tous les projets scolaires qui devaient se terminer en mai-juin. Il y a un spectacle quasiment tous les jours qui sort, donc c'est _beaucoup de pertes."_Et cette fin de printemps coïncide en général avec la conclusion des projets pour la prochaine saison. Cette année, en raison de la fermeture des écoles depuis la mi-mars, il n'en est rien.

Heureusement une partie importante du budget repose sur les subventions, de la Région, du Département des Pyrénées-Atlantiques, de l'Agglomération Pays Basque et des municipalités de Biarritz, Anglet et Hendaye. Mais la crise laisse là aussi planer des doutes. "On bataille pour que les partenaires et les institutions maintiennent leurs subventions, sinon ça va être le gouffre", craint Sophie Bancon, même si plusieurs de ces collectivités ont déjà promis de maintenir leur aide. 

De la pratique du théâtre avec les gestes barrières

Reste à lever les interrogations et les doutes sur les conditions de reprise de l'activité. "Quand pourra-t-on refaire venir les gens dans des salles ? s'interroge Catherine Mouriec, comédienne et codirigeante des Chimères. Est-ce qu'on va pouvoir bouger ? tourner ? Comment va-t-on aussi pouvoir créer sur un plateau ?"

Pas facile effectivement, avec les règles de distanciation, d'imaginer le théâtre, art de la transmission, de l'expression orale et corporelle, reprendre comme si de rien était. "Ne serait-ce que faire un atelier avec masque, à distance... Et même une création de spectacle. On ne sait pas comment les choses vont pouvoir être possible".

La période est certes à l'adaptation et à l'invention de nouveaux procédés, de nouvelles relations sociales et humaines, et l'art justement se réinvente sans arrêt, mais on peut se demander si les structures culturelles, confrontées à la réalité économique pragmatique, auront le temps et le loisir de réussir leur mutation.

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