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Économie - Social

Connaissez-vous les adultes-relais de l'Yonne, ces personnes chargées de la médiation dans les quartiers ?

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Par , France Bleu Auxerre

Les adultes-relais de l'Yonne se sont réunis ce jeudi à l'École de la deuxième chance à Joigny. L'objectif pour ces personnes chargées de faire la médiation dans les quartiers prioritaires : apprendre à se connaître et, pour les nouveaux, demander des conseils aux plus anciens.

Les adultes-relais réunis ce jeudi à l'École de la deuxième chance à Joigny avec la déléguée du Préfet, Nathalie Turpin (à droite).
Les adultes-relais réunis ce jeudi à l'École de la deuxième chance à Joigny avec la déléguée du Préfet, Nathalie Turpin (à droite). © Radio France - Justine Hagard

Joigny, France

Peut-être les avez-vous déjà croisés dans la rue... Les adultes-relais sont les personnes chargées de faire le lien entre la population et les institutions. Ils sont en quelque sorte des médiateurs qui répondent aux questions des habitants et les aident à trouver des solutions à leurs problèmes. Le département de l'Yonne en compte quinze. Ils travaillent dans les quartiers prioritaires de Joigny, Auxerre, Sens et Migennes. Ils se sont retrouvés ce jeudi à l'École de la deuxième chance à Joigny. L'objectif : apprendre à se connaître et, pour les nouveaux, demander des conseils aux plus anciens.

"Notre travail [est] de renouer le dialogue"

Ils sont une dizaine réunis dans une salle de classe. Les tables ont été organisées de façon à ce que tout le monde puisse se voir. Chacun leur tour, les adultes-relais se présentent. Ils parlent de leurs missions et des situations auxquelles ils sont confrontés, qui vont du dialogue avec des jeunes en décrochage aux conflits entre voisins. 

Parmi eux, Ruben Italiono est adulte-relais à Joigny. Récemment, il a eu affaire à un litige entre un propriétaire et son locataire. "C'est la fin de la location. Le déménagement se finit et l'état des lieux se fait. Mais ils ne sont pas d'accord sur la restitution de la caution. Donc ils viennent nous voir pour qu'on clarifie un peu les choses. On discute avec l'un et l'autre, sans jamais prendre parti non plus. Notre travail a été de renouer le dialogue pour qu'on arrive à les recevoir dans nos bureaux, autour d'une table, pour que chacun puisse écouter l'autre et donner son point de vue. Finalement, les personnes ont elles-mêmes proposé des choses et trouvé la solution." C'est typiquement le genre de situations que peuvent rencontrer les adultes-relais et qu'ils doivent réussir à gérer, afin de garantir une ambiance saine et apaisée dans le quartier.

Alors pour faire ce métier, une chose est sûre : il faut avoir la fibre sociale. C'est en tout cas l'avis de Nadia Mizid, elle aussi adulte-relais à Joigny : "C'est un travail humain. Certes c'est un travail, on est rémunéré pour ce qu'on fait, mais il faut aussi savoir qu'on est là pour aider, pour donner des réponses aux gens. On est dans des quartiers défavorisés, des quartiers souvent en difficulté, et ces gens-là sont souvent un peu perdus. On est là pour les aider".

Donner du travail à des personnes sans-emploi

Pour l'État, qui gère les adultes-relais, l'objectif est aussi de donner du travail à des personnes au chômage. "Un adulte-relais qui va postuler est quelqu'un qui n'a pas d'emploi au moment où il postule ou est en emploi précaire, a plus de 30 ans et habite sur le quartier, explique Nathalie Turpin, déléguée du Préfet pour la politique de la ville." Elle poursuit : "On va l'embaucher, le former et l'accompagner en sortie du dispositif. Cela permet donc à des gens qui ne sont pas en emploi de pouvoir, grâce à nous, rebondir sur un contrat de deux fois trois ans, d'organiser ses réseaux, de monter en compétence et de pouvoir derrière se réinsérer professionnellement".

Kevin Augé en est un parfait exemple. Cet "enfant de la politique de la ville", comme il se définit, est adulte-relais à l'École de la deuxième chance à Joigny depuis le mois de décembre. Il a pu retrouver un emploi et sortir de la précarité grâce à ce dispositif. "Je suis un ancien cadre du secteur aérien, j'ai travaillé dans le domaine bancaire, raconte-t-il. J'ai subi un accident de vie, je me suis retrouvé pas très bien dans le monde du travail, à tel point d'ailleurs que je suis tombé dans la précarité. Je me suis retrouvé au RSA, il a fallu que je déménage, que je réduise mon train de vie. Et puis je me suis aperçu finalement que ce qui manquait dans mon travail, c'était l'humain. Je l'avais complètement balayé, je courrais après l'argent, la réussite sociale. L'humain était quelque chose qui était devenu trop éloigné de mon travail. Mais moi, j'en avais besoin. J'ai fini par faire du bénévolat. J'ai été assisté par la Ville de Joigny qui m'a remis le pied à l'étrier. Je me suis retrouvé dans des structures d'accompagnement qui m'ont fait comprendre que je pouvais être formateur. L'engagement en tant qu'adulte-relais a ton son sens à ce moment-là, parce qu'on est directement en contact avec une population qui connaît la précarité. J'ai des clés pour aider ces gens à sortir de leur précarité et pour traduire le langage administratif en langage de tout le monde."

En France, 5000 adultes-relais sont présents dans plus de 1500 quartiers prioritaires.

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